•   j'ai pas sommeil
      d'ailleurs je le lui dis souvent: n'écrase pas ma p'tite vache
      sors du trou n'est pas né

     

     

      je lui dis nique ta vache, elle me dit j'ai pas d'vache, d'une mine compassée
      et alors d'un orgasme rassis je lui re-
      tire les sabots

     

     

      j'ai pas sommeil - j'ai même pas la nuit de faire un lit
      le mur sous le voile, le mur qui s'ébroue
      et quand enfin je prends le large je le prends en pleine face

     

     

      pas de raison de se sentir
      plus vivant qu'un autre, mais le clou qu'on s'enfonce dans l'épine dorsale
      ça fige le sourire - oh, la radieuse obsession...

     

     

      j'ai mal à un autre que soi, ou la nostalgie des grandes cuites, crucifix et comas éthyliques
      l'œil mord à l'hameçon, et c'est du coup un paysage alternatif
      qui re-
      trousse sa blouse, répand sa mousse

     

     

      rien à redire, rien à cirer - ne s'élucide pas
      la raison noire des choses, en attise la gifle, gardant pour l'occasion
      une joue de côté

     

     

      putois j'écris putois, mais c'est putois
      et ça fait mal au cœur, étant donnant qu'on a un cœur
      une route savonneuse
      un écrase-mégot

     

     


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  •   non je n'affabule pas. je sais bien que toi tu gis
      de ta pudeur, et qu'un esprit fébrile, le doigt dans l'trou
      ne le lâchera pas d'aussitôt ni pour
      un banc de sable

     

     

      d'ailleurs j'ai mal à tout
      puis je n'habite rien
      plein jour et son contraire, où le chemin s'essuie les fesses, j'ai quelque chose à te montrer
      à te montrer de bas, entrebâille ou écarte
      du pouce et de l'index
      : le pur fusible

     

     

      tu ne me plains pas, ou j'te défonce le ciel
      avec la langue tant qu'on y est, tout le long de l'ortie
      depuis tout môme je m'bave dessus, je m'bave dessus ton g'nou, ton huître
      ça gèle à fond de cale

     

     

      et c'est parti, c'est parti tout un froid
      les vents nordissent, ce qui ne
      présage rien de bon - un à un les doigts du gant, l'épine du pied
      j'ai un grand boulevard devant moi, un grand boulevard à moi tout seul
      ou le sexe à venise, le sexe à l'agonie
      émergeant au jusant

     

     

      face au miroir ex æquo, tire une langue en laisse
      peu d'eau, une goutte d'acide
      déborde un peu du slip - j'ai tout le temps tu sais, on s'attaque à la racine
      puis sans le faire exprès, d'un geste maladroit
      on se nique le nombril

     

     

    il s'engueule avec sa vierge


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  •   la mort ne sera pas plus qu'ailleurs le lieu ni l'occasion de quelconques retrouvailles. chez moi fut bien cette niche à la dérive, cependant qu'assignée à sa borne
      et en l'absence de fleurs...

     

     

      j'ai mangé mon mouchoir, avec tout ce qu'il avait essuyé et c'est pas propre, pas franchement
      propre -
      toute la crasse et n'empêche...

     

     

      vidé ma p'tite crasse, allez hop, vidé ma p'tite crasse. se récure l'œil.
      il n'y a pas de pardon, et les accusations foireuses de même
      tombent à l'eau

     

     

      c'est pas aller quelque part c'est enfin poser le pied
      sur un sol absolu, lune ressuscitée, Berck en plein
      jerusalem, l'éden vissé au nombril astrophysique
      d'iseult à la mort lente, mais suffisante

     

     

      il aurait fallu mettre des noms sur les visages même si cela n'aurait sans doute pas suffi à empêcher
      leur dessèchement, leur fripement, les âmes telles des bulles soufflées à travers
      le cercle d'une vulve, n'importe quelle
      vulve

     

     

      bien-sûr que pas. bien-sûr que plus. le son galope or les oreilles
      s'enferrent de silence
      - il faudra rompre cela, aussi

     

     

      il y avait un homme, et toujours pire qu'un homme.
      se levait sans rien dire, l'allumette qu'on suce et cætera
      : nos pneus qui s'usent, pensa t-il, et pas grand chose de plus...

     

     


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  •   recommencer à dire, recommencer à penser
      s'asseoir dessus.
      mécaniquement les heures
      s'enlisent à gué. marcher dessus

     

     

      s'éteindre. éteindre l'extinction
      sortir enfin
      définitivement. sortir
      de long en large

     

     

      j'ai un doute
      un doute poussiéreux, un doute
      non permis, mais un doute
      indubitable

     

     

      un vide sous chaque pas.
      certes l'été me manque en
      plein cœur de l'été.
      creuser plus haut

     

     

      rien à faire vraiment
      sinon remonter
      le fil de l'attente, jusqu'à la
      prochaine coupure

     

     

      sauter, rester
      suspendu en l'air - peu importe la hauteur mais prenant garde de
      ne pas retomber
      ras de lévitation

     

     

      ponctuelles les absences.
      appuyant son ombre sur
      le mur d'en face.
      qu'il tombe

     

     

      mourir sur le côté, histoire de
      laisser à chaque atome le choix de
      s'envoler s'enfoncer, selon son gré.
      s'enraciner dans un nuage vas-y

     

     

      non. revenir. non.
      quand être c'est se perdre, avec
      un plus ou moins léger
      accent étranger...

     

     

    inversion de la cause


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  •   c'est qu'un jour plus rien ne me dise: mi moi ma belle
      contrairement à comment tu t'appelles
      contrairement à
      et les doigts tout collants

     

     

      il se passe quelque chose. un grand vide s'installe
      - il a du se racheter
      un tube entier de dentifrice. sodomiser une majorette
      a du laisser des traces
      quelque part

     

     

      la plus longue adéquation
      entre celui qui marche
      et celui vers ondule, qui ne, vers nulle part
      alors il rentre un doigt, alors il coupe un doigt -  ce qui reste de l'éternité
      se consomme froid

     

     

      il y avait du vent, et le vent soufflait fort, ça soufflait plus ou moins
      dans le même sens:
      un sens refluant, mais ne laissant nul répit, nul répit
      un sens absolument non
      fondamental

     

     

      qu'est-ce qu'il défenestre aussi, cassé tout l'éventail
      un vol en chute libre, or la chute est-elle libre ?
      de tout point, de toute direction, je marche à reculons, je rebrousse
      vers le trou primordial, nulle part immémorial au fronton
      duquel s'affiche, dérisoire épigramme,
      l'énigme-carambar...

     

     


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  •   il ne pleut pas toujours
      du
      même côté de la frontière, mais jamais tout à fait sur
      la frontière non plus, où j'ai monté ma tente
      et descendu le reste, c'est à dire tout ce qui, ne tenant pas debout
      aspirait à s'étendre

     

     

      je marche avant toute chose
      avant toute chose, je marche
      il y a donc
      longtemps que je marche
      ainsi
      dans la joie la plus sombre, funèbre par pudeur, foulant la
      lande à perpète

     

     

      le haut vire au-dessus: c'est le haut
      à tous les niveaux
      débordant les ras-bords.
      s'effondrent les niveaux.
      émerge le dessus, les pas disséminant
      le dessus. le ciel césarienne

     

     

      je ne manque
      pas de souffle - seulement d'air peut-être.
      les alléluias
      ont remplacé les alléluias, elle se suce un morpion.
      plus loin j'allai plus loin, coulant à pic

     

     

      c'est ce qui
      m'a fait pensé à vous, penser à moi, tournant en rond.
      on passe toujours par le milieu - les côtés,
      péniblement les côtés, à droite à gauche, à l'est à l'ouest, ailes ramant
      dans la poussière épaisse, dans la
      poussière péniblement

     

     

    l'accent dehors


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  •   partir en terre, en brique ou par-dessus
      les temps, écrasant ces
      jolis coquelicots mesdames...

     

     

      je ne veux pas m'élever, sauf pour un
      je-te-tiens-tu-me-tiens par la barbichette à hauteur du
      dieu d'entre trois clous il faut passer
      entre les clous

     

     

      je contemple avec une intense pitié
      ces tuiles mécaniques - je voudrais te sucer la chatte avec la langue
      d'un homme à l'instant né

     

     

      une tombe au soleil, petit jardin fané - il faut des mots sur ce qui fut afin de
      délivrer le présent de
      n'être rien

     

     

      il y a un degré où la peur cède: sage euphorie du plus-rien-à-perdre
      et te laisse embrasser...

     

     

      je me baisse pour me gratter la cheville et lorsque je me relève, plus rien n'est comme avant, étant donné qu'apparemment
      avant a changé d'pôle

     

     

      des incantations tu dis. or elles
      résonnent en plein trou noir
      - c'est l'heure quand on y pense

     

     

      si tu meurs ne me le dis pas, envoie-moi simplement
      une carte de l'au-delà, comme si le moi de l'en-deçà que moi je suis se trouvait
      au-delà d'un au-delà - je n'en demande pas plus...

     

     


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  •   il est mort, mais il vit à l'intérieur. à l'intérieur il vibre encore. même lorsque la roue
      ne tourne pas

     

     

      vivre ne fait que commencer, quand on s'appelle éternité. sinon on passe son tour, entamant
      un chant à la spatule

     

     

      vivre sans sens, tu tiendrais pas un quart d'heure, promet le mort. la grâce du monde
      à le dos tout griffé

     

     

      tu pleures mais quand tu pleures, est-ce que tu fais vraiment semblant ? ou bras ballants vas chantonnant : ma chatte elle a des ailes,
      mes ailes ont pas de plumes...

     

     

      je suis le mort d'entre lesquels n'est pas ressuscité
      un seul survivant
      alors tais-toi

     

     

      au fond dieu
      et les p'tites filles dans le quartier, dont l'élastique
      un jour craque

     

     

      si t'as quelque chose à perdre alors évidemment, évidemment mais on s'en brosse
      : clitoris, cordon ombilical, suicide interactif

     

     

      et les gens qui vont, et les gens qui va, tout ça le temps se gâte - le temps
      c'est ça
      se tâte

     

     

    bouée de naufrage


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