•   panne d'électricité gigantesque
      panne d'électricité. un jour je ploie le genou, un jour j'ouvre le parachute
      il n'y a pas d'âme entre les deux. en fait, tout l'entre-deux est occupé par l'absence d'âme
      et c'est là-dedans que retombe le sperme

     

     

      chacun d'eux tremble un peu, histoire de devenir -
      et toi et nous, et moi et soi, qui ne devenons rien, assis saugrenument sur nos talons
      il faudrait qu'on s'héberge, qu'on se pince et se tire le téton, il y a des jours comme ça
      où l'on s'effraie d'un rien. des jours comme ci
      où qu'on fait plus vraiment semblant

     

     

      t'as soif. tu te bourres la gueule de neige. il parait qu'on passe à côté de soi, qu'on se rate de peu, la tombe vide
      ciel maussade, l'entrejambe moite. j'y verse une gourde. on n'aime pas les enfants
      rien de plus sale que de s'aimer soi-même. rien de plus sale que l'innocence

     

     

      je suis une bombe dans ma maison, et ma maison une bombe en moi. du coup je ne reconnais plus les lieux
      et que l'on jette une balle au milieu, style un nouveau-né dans un ban de requins, il ne se passe rien
      tout rentre chez soi - exceptés le ballon, le parc vidé de son sable et de son sceau, la pluie qui se retient
      de tomber trois fois pour rien, merdique mélancolique...

     

     

      jusqu'à preuve du contraire, nous sommes immortels. et l'immortalité se trompe de trou
      j'ai baissé ma culotte, il y avait des ronds au fond de l'eau. le fond de l'eau est rond, aussi
      effectivement, les ronds remontent, d'une immortalité blessée...

     


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  •   les hommes qui ne meurent pas vivent plus longtemps, en compensation je suppose
      de leur inconséquence. les hommes dans la bouche desquels
      on trouverait des morceaux de dinde ou de pintade, si nous prenait l'idée d'y farfouiller
      s'enfoncent dans la terre quand d'autres, depuis toujours et même avant, avant d'avant, d'avant
      les éléphants, mais partent, partent en fumée...

     

     

      je n'ai jamais aimé que dis-tu, je n'ai jamais aimé. la langue des yeux les yeux d'la langue au bulldozer - n'empêche
      n'empêche que terre est ronde, globalement, et que mère marron. j'ai secoué les paupières
      je n'ai jamais aimé ça veut dire j'ai les pieds tout glacés

     

     

      de tout livre je ne lis que la page vingt-neuf. ça suffit amplement
      j'embrasse un refrain d'eau, je lui écarte les cheveux pour dégager la bouche. la bouche c'est important
      la bouche un trou. la ville ne pardonne pas

     

     

      je me soutiens tu me soutiens, et pourtant nous tombons
      nous tombons chacun le tour, mains dans les poches, le sexe aux pôles
      je reviens de ma maison ma maison a perdu moitié d'toit, portes et fenêtres éventrées - ne reste que le lit
      un lit pour labourer

     

     

      j'appelle un chien un chien, et déjà vide, la tombe. nique ta veuve
      j'arrête pas de me déboîter le moellon. j'aurais du t'acheter un jeu, t'offrir un orgasme, même mineur
      sur le qui-vive néanmoins, les géants cardinaux
      ont l'air bête et méchant comment dire, immuablement bête
      et particulièrement méchant

     

     

    ces yeux de bistre


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  •   l'histoire
      ne se répète pas, vu qu'il  n'y a pas d'histoire, et pas d'histoire dès qu'on la vit
      à moins qu'on ne se mette à vivre dès que
      plus d'histoire, un chemin de traverse bordé de pluvieuses averses
      - on trempe un peu
      devant on se dit
      un peu trop tard on se le dit

     

     

      je me suis amusé à rien, même pas
      à la toile d'araignée, à l'araignée migraine ni même
      à toi singulièrement nue, et de toute ta
      nudité nue - ramasse-soi de mille appeaux

     

     

      de la vase éclot le lotus, c'est banal
      j'ai mangé mon poisson
      j'ai chié mes arêtes
      j'ai gueulé j'ai chialé dans le vide - m'apportes-tu un bras, un poignet, un doigt, une bague à ce doigt
      le courage de rien et l'ardeur à défaire, voilà donc le courage

     

     

      un chien mesure cent mètres, je vais à cloche-pied
      sans la cloche sans le pied, je vais à cloche-pied - comment explique ça
      le petit gland soupire
      le petit gland soupire, mon tour viendra

     

     

      je n'attends rien de moi, évidement
      cela claque des dents, cela claque de partout, jusqu'à Portsmouth
      le nombril de dieu, le centre névralgique de nulle part se situe absolument partout : je ne suis jamais
      arrivé à Ouistreham

     


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  •   il ne pleut pas, je n'ai donc aucune excuse
      appartenir à quelque chose de plus grand que soi, qui ne soit pas le rien, le vaste négligeant, le vide extrême, saccage le front de mer
      imagine aboutir au lieu où non seulement dieu n'existe pas mais où cette inexistence-même
      n'existe pas, ou que rien ne valide

     

     

      je n'ai rien fait j'ai juste voulu
      manger mon corps, et faute de corps juste
      dégueuler tout mon saoul, je ne t'ai pas touché les poils du pubis
      pas pissé sur tes pieds nus, ni gratter les aisselles en soutirer le suc
      je me suis simplement tranché la sexure, comme si de rien n'était et vraisemblablement
      de rien cela n'était

     

     

      quand je ne sais pas quoi foutre je fume, et dès l'origine je sus qu'il n'y avait rien à foutre
      dès lors s'ouvrait le paysage, un paysage c'est ça, par l'entrebâillement d'un chemin
      après quoi je pris le sexe entre mes mains. mes mains le sexe. il ne se passa rien
      nous n'avons pas discuté

     

     

      ta mère était tranquille, trimballant son cadavre, au mieux sa carcasse
      de ci, de là, de ci et de là
      si j'étais un homme je revendiquerais une mère
      si j'étais une mère je servirais de piquet de grève et pourquoi pas
      me chier dessus, vu le temps qu'on s'y blesse...

     

     

      j'ai soulevé votre robe aussi haut que je pus cependant je n'ai rien vu
      rien entendu, rien reniflé
      j'ai même cru un instant que vous vous étiez absentée
      quand le zéro partout zéro, condition exclusive du mirage, or quand le mirage partout zéro, zéro partage, et cette histoire de dents
      se cognant contre les dents, contre-courants des langues
      je ne survis que par ma douleur mais où donc ma douleur
      se terre t-elle ?

     

     

    d'accouchée d'accouchante


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  •   chien, sans arrêt chien, mais chien partout
      le néant croît, crache-toi dessus et le ciel te crachera
      dessus
      - y a pas de parapluie
      pour ni contre ça

     

     

      à partir de l'âme et au-delà, j'ai trempé mon quignon
      dans le lait tiède. survivre retoque les hasards, fuir va dans le sens
      d'une luge en pente libre

     

     

      quelle est la mort d'une tombe vide, de quelle absence parle t-on
      qui ne répondrait à aucun nom ? les tresses, les nattes
      et même les chignons ébouriffés, les vagues affligées de leur creux
      - à force d'être soi, on n'a plus rien été

     

     

      en prenant soin de moi, or de moi je ne sais prendre soin
      un homme en moi se refuse à poser une main ne serait-ce que charitable sur mon épaule
      ou toute autre partie de mon corps
      et quand je jouis, c'est le bouchon périphérique

     

     

      je n'aime pas les morts - coule entre les morts et moi
      toute l'eau d'une chasse, je ne ressens
      aucune pitié à mon égard, et l'homme sans pitié en effet ne mérite
      pas d'exister, dût-il se réfugier
      derrière les roses...


      


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  •   je ne sais plus quel homme habite chez moi, coquelicot hors-sol...
      tu t'es montré(e) comme être, tu t'es montré(e) comme ne pas être, si j'ai fini par adhérer à mon propre destin était-ce simplement  pour ne pas te
      me
      se perdre, petite vérole ?

     

     

      ma laisse a perdu son poteau, je ressuscite une image dépourvue de contour, de contenu
      sur le dos de la cuillère, je signe non je saigne
      mon nom, soulèvement des terriers

     

     

      il y en a qui s'appellent, se rappellent, se faisant l'écho l'un de l'autre ou de soi-même et quand ça fuit
      quand le son brut verge défaite se fond dans l'ombre crue
      si tu sais d'où je viens, d'où la mer en conséquence me regarde, croisant les doigts...

     

     

      môle après tout, arpente le long - je squatte un sévère non-lieu
      l'instant précis où l'on se toise évalue la portée de mon inexistence
      j'approche ma bouche à ton esquive
      j'approche ma bouche tu t'égouttes

     

     

      un pâle clébard aboie au soleil noir qui
      nous avalera tous, donc j'emboîte
      le pas à mon absence, nul ne m'emporte nul ne me porte
      sur son cœur ou sur ses
      épaules - quelqu'un respire encore, piétinant le chemin qui de nulle part à nulle part
      ne mène qu'à ce banc

     

     

    pissenlit oh le beau pissenlit


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  •   à chaque voix pénètre un son
      une charrue, un son
      la main qui m'a giflé celle aussi m'a guidé, comme en guise d'adieu
      quand d'autre fois l'amour me prend au mot...

     

     

      caresse un gnon. dis-lui que toi aussi tu t'es mouché dans le même mouchoir
      qu'elle est sortie sans payer, le poinçonneur ayant du s'absenter un moment
      plus ou moins long, plus ou moins court selon
      - un ciel à portée de souffle soudain...

     

     

      la pluie sans doute, et tout le matériel aimant
      il pleut sur son amant, or je ne ressens rien
      les yeux grand bien ouverts, fatalement ouverts, je ne ressens rien
      s'elle vient par la droite, elle n'arriver jamais jusqu'ici
      s'elle vient par la gauche elle ne respire pas

     

     

      panier percé, la mer à son chevet
      j'attrape le plus clair de mon temps, j'en laisse couler un peu, malgré tout
      voire déborder
      avec mes pieds j'ai formé comme une digue, elles étaient là
      depuis le commencement du monde, elles étaient là

     

     

      buvant la tasse
      et j'ai compté jusqu'à trois
      à trois seulement, mais n'en finissant pas
      l'éternité me tenant à l'écart, me repoussant du pied, me cassant le genou
      j'ai toujours eu le genou un peu trop haut - c'est au niveau du sol que je ne
      m'habituais pas, au ras de l'entresol

     


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  •   et s'il n'y avait rien - je veux dire, autre chose que rien
      dans le coin le plus désert de l'âme, c'est à dire d'un profond rien
      avec en contraste une allumette qui n'éclairerait rien
      qu'un rien craquerait, et qu'un souffle de ce même rien
      soufflerait...

     

     

      j'ai perdu mes yeux, la lumière de mes yeux
      et puis le reste aussi, auquel la dite lumière aurait pu prêter vie
      j'ai perdu mon bagage, dans ce bagage un cœur et dans ce cœur, l'insondable souvenir de ce cœur et c'est en cale sèche
      comme au fond de toute eau
      que repose aujourd'hui le bagage perdu

     

     

      les hommes ont la barbiche tranquille, mais mon dieu n'est que gruau
      une saleté de grau quotidien, car j'ai perdu mon ombre
      ainsi que le cheval dont cette ombre fut l'ombre
      le cheval ou l'animal, la bête en quelque somme, ce qui remue
      encore dans le dormeur. le dormeur sans sa canne
      le dormeur sans ses yeux...

     

     

      il y a des jours comme je peux, puis il y a des jours comme je coule
      des paupières qui s'entrouvrent sur un espace en laisse, un jet de pisse l'horizon
      je n'en reprendrai pas
      pas un seul de plus, une gorgée
      ce qui coule remonte, ou c'est qu'alors le niveau baisse - il n'aime pas ça
      dans un sens comme dans l'autre, il n'aime pas ça

     

     

      on s'en va
      on s'en va quelque part, par là
      comme on se serait réparti entre nous la bombe et ses éclats, l'injure et ses crachats
      roulant à contre-sens, rembobinant le retour, et déminant toue idée de résurrection, à l'arrache-clou si besoin, on s'en va
      tant il n'y a plus d'heure pour ça, ni de pas se rendant, on s'en va...

     

     

    dans le ventre de la mauvaise mère


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