•   des jambes pour aller, des chaises pour s'asseoir, on a l'confort et tout
      après on répond non à la question posée (toute question, subsidiaire), on se fait pas la bise, on tourne autour
      du pot commun

     

     

      au bout de mon idée il y a une idée vide, avec quelqu'un de mort planant au-dessus, qui ne tient pas la barre
      voire pas d'idée du tout, évanescente, claire

     

     

      intelligence universelle c'est mon copain, un fluide commensal, l'esprit ménopausé t'as bien conscience de ça hein, de n'être
      que destin. alors pars, les coudes gris

     

     

      parce que c'est triste, triste la vie, et qu'on y met des enfants dedans, qu'on leur frotte les dents au savon noir
      je me regarde jusqu'au bout. ça fait un bail, jusqu'au bout...

     

     

      dieu était un homme assis, j'ai regardé par-d'sus l'épaule
      l'épaule comme membre du corps, social était le corps, l'homme s'est levé d'un dieu resté assis
      à l'épaule gauche perroquet

     

     

      toute chose obstrue la vue, toute chose se pose entre soi et le néant, entre soi et son propre néant
      ainsi l'idée de soi, une fenêtre en plein jour, un vide en lieu et place  du cœur - si avec ça je n'ai pas raison c'est que raison
      n'y entend rien

     

     

    éthique des môles


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  •   j'ai un corps mais c'est comme tu voudras, j'ai le corps intermittent
      mon petit ami a crié au secours, au secours a t-il crié, je l'entends encore
      quand je me retourne de l'autre côté je l'entends déjà moins, d'où l'intérêt
      d'un autre corps, d'une autre moitié

     

     

      j'explore mon mètre carré; j'entube mon mètre carré
      mon mètre n'est carré que dans les coins, il jouit d'un dé de transparence
      imagine je mets le feu à mon chignon

     

     

      il est trop tôt dans la montagne, en-haut dans la montagne, ferme les yeux encore un peu
      tape debout
      ton amour, ton non-amour ne portent pas à conséquence
      en conséquence de quoi, rien

     

     

      on a vidé les abattoirs
      les abattoirs vidés on les a fait entrer tout entiers dans une vache
      une vache à l'air libre
      c'est d'ailleurs de là qu'on s'écrit

     


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  •   le lien entre ceux
      qui meurent et ceux qui ne meurent pas
      est rompu
      d'où ce sentiment de flottement, d'égarement, dérive permanente...
      un chien assis, mais pourquoi sur le toit ?

     

     

      la pluie mesure un trou
      d'une flaque de masse, émerge un reflet
      un homme ne survit pas, on l'appelle dans un bar
      la fermeture du bar

     

     

      un lieu. une vie. un paysage catatonique.
      je réagis comme je réagis, un peu à l'écart
      de comme je réagis
      un jour on rassemble tout ça, le poids
      n'y est toujours pas

     

     

      pluie battante, personnage féminin.
      on s'attend mais, à pas grand chose en vérité
      on s'attend là, en toute connaissance

      de cause ou à peu près, c'est à dire nulle part
      n'importe où nulle part

     

     

      un chien fait pas l'printemps, un mort fait pas l'néant, je souris
      de certaines dents je souris, de certaines autres je m'abstiens
      dont dérive l'abstinence

     

     

    le chemin très vieux, ou le très vieux chemin


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  •   ne pas être prend soin de toi. ne pas être se met à poil et c'est en ce sens-là qu'il faut le caresser, lui réapprendre à vivre, et les nomenclatures

     

     

      d'une seule vitre j'ai brisé toutes les pierres, ce qui libère l'espace en un sens. tu me diras trêve de sens et cela laissera comme un vide en substance, la trace indélébile au fond de la mémoire
      d'une patte en suspens (repliée sous le ventre)

     

     

      le peu de chien aboie en moi c'est toute une mort
      à arpenter - des fois qu'on ne saurait pas où elle mène, ni de quel trou se faire l'écho, ramasser des débris pour s'en coudre une couverture

     

     

      sans lieu originel (sans donc la possibilité d'un éventuel retour), casse toi la gueule, chute. souviens-toi qu'au fond dieu écartant les bras
      ne te rattrapera pas - l'as-tu jamais rattrapé toi, tandis qu'il tombait, tombait, tombait...

     

     

      homme sur les quais - de son plein gré mais que pourrait-il faire d'autre en fin de compte. se retrousser les bras, qu'ils ne dépassent piteusement des manches. ramasser les miettes que l'on jette au pigeons pour en faire son repas quotidien. finir par se douter que mourir debout ne suffira probablement pas...

     

     

      pleure beaucoup mon corps, ou mon corps pleure beaucoup
      il n'y a pas de raison qu'on se reconnaisse, qu'on s'estime, ni même qu'on s'aime
      toi tu te tranches la tresse d'un coup de ciseaux net et radical tandis que je
      plie les bateaux, et prends congé d'un monde où si les yeux pleurent beaucoup, du moins s'apaisent les couleurs

     


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  •   un jour j'ai bu un coup, et tout un coup était désert. un jour j'étais un être, dorénavant bien moins que ça, que ça un être, une bouteille à la mare

     

     

      faut bien mourir quelque part, étant donné qu'on a vécu ailleurs. et ailleurs c'est parfois hors du trou, on compte ses animaux, voir qu'il n'en manque pas un...

     

     

      le premier nom de l'âme était un immortel. dès le second fléchissant, chipotant sur l'essentiel comme si l'essentiel tenant la barre, obstinément se refusait à
      éjaculer

     

     

      je suis mûr pour un tour de manège, deux tours de manège allez, trois tours de manège mais pas plus - un trognon de pompon m'a bouché le syphon, un chignon réfractaire

     

     

      la vérité toute la vérité rien que la vérité, c'est à dire un nuage en papier, une ovule en carton
      mâché juré, puis recraché

     

     

      échapper au sens, et même au sens inverse, en se touchant le sexe ou en fourrant sa main dedans la manche pour la couper du froid, par exemple

     

     

      je ne distille la lumière d'aucun ciel fixe, conscience anti-matière, anus miserabilis. il faudra vivre avec ou sans, ce qui ne change pas grand chose au fond
      or c'est privé d'ensemble que le détail prend relief...

     

     

    les yeux ouvrent grande la bête


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  •   on n'échappe à sa mort qu'en contemplant sa mort, en la surplombant. et c'est ainsi qu'on meurt deux fois, une fois debout une fois couché
      une fois mort une fois vivant

     

     

      je n'ai plus rien, pas même un mal de dent, une humaine insomnie, la promesse foireuse d'un présent compatible
      au ras du ciel, à peine plus bas, je me suis faufilé

     

     

      parquet flottant, ciel incertain - tous ces méandres d'un beau baratin. je sors ma petite bouteille d'eau elle ne contient que ça ma petite bouteille, chargée négativement en
      retour de courant

     

     

      le cimetière sous la neige, sauf quand y a pas de neige. ou quand on se réveille - c'est sûr ressusciter ça c'est du sport
      alors comment ne pas rester assis se dire certes la fin est raide, la mort si plane...

     

     

      j'ai pas d'pulsion. les pulsions sont trop courtes, et j'enchaîne les longueurs
      loin de tout mais proche de rien, je m'étale en langueurs, en langueurs exutoires

     

     

      du jeu dans les béquilles, du mords aux dents et tant pis si gâtées. on n'est pas mort tout l'temps faut pas croire - des fois même on fout le feu, on fout le feu à l'étincelle

     

     

      ton chien d'abord tu mords. ensuite tu meurs à jeun, de haute lutte mais à jeun. penchant du côté droit quand la mer monte à gauche, penchant du côté gauche le reste du temps
      ou bien le temps qu'il reste, comme tu veux

     

     

      où aller au-delà de l'idée qu'il n'y a que néant et miracle, que l'un sans l'autre s'excommunient, et que les filles pour faire l'amour généralement enlèvent leurs chaussettes   mais pas systématiquement

     


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  •   de la douleur originelle je fais une bouche, un trou tendu vers dieu, lequel une bouche, un autre trou tendu vers moi
      on s'bave du ciel

     

     

      de claire mélancolie j'ai mangé mon buvard, mon buvard pisse-partout
      j'ai léché tout ton crâne, aussi

     

     

      hippie des villes hippie des champs, en oiseaux continus en chute d'altitude
      rêver plus grand qu'ses yeux creuse un trou au milieu, une ride triste de chaque côté

     

     

      du pont de tancarville une seine moelleuse, un liquide glaireux. je me rapproche de chez moi déjà s'agitent les atouts
      au fond des manches creuses

     

     

      nuit comme elle vient, et se soulage comme elle peut - au pied d'un arbre ou seule face au miroir, balise échouée en zone tranquille...

     

     

      altération du sens, démesure d'urgence - j'appuie dessus mais rien n'en sort. c'était bien la peine d'en faire toute une histoire, de revivre en dehors
      de tout ce qui hors-champ
      crevait par le dedans

     

     

      la pluie sur le côté, la rance coule au milieu. si j'étais vivant j'en saurais quelque chose. si j'étais vivant je m'tripoterais l'néant tout en suçant, en suçotant
      un bonbon à la mangue

     

     

      tout ce qui vient du ciel vient du ciel, la pluie comme l'absence de pluie, les fientes pigeonnières les aurores boréales que sais-je ? il faudrait relever une tête pour savoir, une tête pour la relever, une idée dedans la tête ou en tout cas
      n'en passant pas trop loin

     

     

    du pont de tancarville


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  •   je connais mon origine, et je connais mon terme. je reconnais d'emblée toutes les odeurs émanées de la très basse extraction, pierre courant le long de pierre fuyante, ombre erratique
      je pêche d'un vieux. je pêche d'un homme entre deux visages dont l'un tourné vers l'intérieur, ombre erratique et là j'abdique. du refus permanent l'homme éjacule à
      contre-courant

     

     

      quelque chose comme il se pense et il se pense comme il est mort, ou si pas mort pas loin de mort, un pas de côté du mort en soi faisant la différence
      la différence c'est moi, d'entre le mort et soi, moi n'étant enfin pleinement soi que mort, par contumace si besoin, mais d'un sapin

     

     

      et j'en peux plus de mes mensonges, lizy se tourne sur le côté. la vie si maigre, maigre à côté, la vie se tourne sur le côté
      j'abrège un mort. un mort c'est moi.. un mort c'est tous ceux qui s'obstinent à ne pas ressusciter, frappant à ma porte or ma porte leur claque aux dents leur dit non c'est pas toi, et c'est pas toi, et c'est pas toi non plus

     

     

      quelque chose en moi nie d'un trou mauvais. je ne suis pas négociable
      un jamais aux trousses d'un toujours lui caresse les côtes, il bande mais c'est pour rien
      car c'est pour rien qu'il bande, à vide vide et demi

     

     

      incessamment le poursuit l'ombre de ce qu'il fut quoique ne l'ait jamais été. je répare mes peluches. j'ai beau les enculer je recouds mes peluches. dans la mort à pieds joints
      brûlant de tout le feu brûlant et que le feu faut-il afin de se consumer. je reconnais le terme et je me branle l'origine. j'importe la douleur car douleur ne ment, elle a trop mal aux dents

     


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