• à la force du moignon

      les vomissements ont cessé. un chant grêle
      grêle en moi. un matin sec.
      je m'endormirai près de vous, et tu
      f'ras semblant de ne rien voir...

     

     

      ce n'est pas un homme que j'ai devant moi, c'est un miroir - et dedans le miroir, la pluie ne cessant
      de tomber
      dans un sens ou dans l'autre

     

     

      un mort s'attrape par le bras. un mort vit au-delà, un peu comme moi.
      ai-je eu raison de me voir partir, faute d'un cercle, à la craie blanche tracé dans la poussière,
      où revenir?

     

     

      soulevant des tonnes de pluies, et d'un doigt les flaques intestines
      du quartier, plus quelques repentances - arrives-tu
      au bout de tes peines ou ton poème bêtement
      ne tient-il pas la route...

     

     

      depuis mille ans, nos routes divergentes. je n'ai pas
      de vie à moi, mais une mort, universelle et s'en prenant à moi - un trou. je suis
      ce trou en moi, qu'aucun pardon
      ne comblerait pardon,
      ne comblera

     

     

      une noix. j'ai versé
      de la liqueur dans une moitié et dans l'autre
      me suis-je couché en boule, promis juré je ne
      mourrai pas plus loin d'ailleurs je n'en ai plus
      le temps

     

    « et maintenant je m'en fousle serpent à son doigt »

  • Commentaires

    1
    Fulfillback
    Dimanche 8 Avril à 10:47
    Les souvenirs d'un discours partagé me revienne vaguement au vague à l'âme. J'ai grandi vieille et veillé jamais vraiment depuis ces quelques temps disparus. Retrouvé naufragé par le hasard de la pensée, j'ai vagabondé de nouveau parmi des volubilités. J'ai souris aussi. Juste à l'entrée. Soulagement véritable ou simple amicalité. J'ai aimé voir le mouvement continuer. Sincèrement.
    De mon côté, je suis partie pour mieux me perdre. La perte d'un être transforme à perpétuité, plus qu'une pendaison de voleur en est venue celle du vagabond. Je me perds car j'ai perdu. Ou j'ai perdu car je m'étais perdue. Le passé rattrape un temps soit peu, mais les pertes de mémoire aussi. Alors laissons là le présent pour ne penser qu'au passé. Ou l'inverse.
    J'ai grandi ou vieilli, je ne sais plus. Perdue dans une faille du temps, j'observe le chant du paon.
    Contente de te savoir par des nouvelles poétiques, je me despedie de toi en bonne espagnole en devenir. Ou les méandres me joueraient-ils des mots contre les maux?
    À bientôt.
    Fulfill
      • Lundi 9 Avril à 08:03

        je me suis souvenu de toi il y a quelques  jours, me disant qu'il était vain d'aller voir sur ton blog déserté depuis tant de temps déjà. que tu avais quitté l'espace intime de l'écrit pour mener sur le champ ton combat de titan, ou partie cultiver des chrysanthèmes sur le charnier social. et te voilà, la voix brouillée de deuil, titubant entre deux turbulences. et le remord sévit, qu'on éponge avec de la dévotion. vertiges sur pattes, nos racines poussant dans les interstices d'un chaos intérieur et d'un monde en décomposition.
          ça me fait du bien de relire ta voix, savoir que tu existes, et par quelque saugrenu enchaînement d'idées en ton esprit me réveiller de ton oubli - salut à toi, fulfill !

    2
    Fulfillback
    Mardi 10 Avril à 07:53
    Il a fallu se réconcilier avec l'écrit, quand celui-ci devenait plus pernicieux que bénéfique. Il avait crée des schémas mentaux néfastes desquels il fallait se défaire par l'action et la méditation, par la prise de recul du vide intérieur. Puis il y a eu la réconciliation, de façon apériodique, chaotique et impulsionnelle. Pardon quand même. Puis une nouvelle réflexion. Savoir pour quoi écrire, pour soi ou pour autrui? Challenge difficile à accepter, comme la place dans ce monde, et l'utilité ou velléité de celle-ci.
    Et toi tu restes là entre les mondes des pensées, dans les aléas de tes méandres. Fidèle à toi même dans le poétique évolutif. M
    Peut être que cette pensée envoyée était un appel, d'un retour à l'abstrait artistique, d'une envie de renouveau, après le retour à la terre. L'hiver crypté touche peut être à sa fin..
    Merci d'être toujours là, en harmonie d'une délicieuse aura.
      • Mercredi 11 Avril à 08:16

        qu'as-tu appris? ou plutôt: qu'as-tu fini par désapprendre - désapprendre pour respirer, respirer large? pour sauver sa peau on bondit furieusement contre ces terribles ennemis et l'on s'aperçoit que ce ne sont que des masques de papier. la peur et la fureur elles ne sont pas en papier. sauf si on en fait des poèmes, des genres de cocottes en papier justement. mais tu sais tout expliquer très bien, tandis que je ne me pose que de fausses questions. la mort au ventre, je garde ce pendant l'instinct de fuite, d'esquive, d'échappatoire. tout est dans la tête mais la tête hors contrôle, hors combat, hors sujet. et comment t-y prends-tu pour vivre? comment se fait-il que tu ne sois que toi? peut-on se contenter de n'être que soi, et ne pas déborder? si le but d'être c'est être, que faisons-nous du reste, du reste qui occupe le temps? tu vois, je te réponds comme je peux, c'est à dire hors propos exactement - d'un battement de main apercevant la mer, si peu ferme...

      • Fulfill
        Dimanche 15 Avril à 04:03

        On apprend plus des émotions, des ressentis et des sensations que des pensées, des convictions et des longs discours. D'ailleurs, les convictions sont des prisons. Pensée nietzschéenne qui ne me quitte plus depuis le moment où elle m'est apparue sur le poster d'un salon transformé en salon de coiffure. De ces sensations, on peut désapprendre à penser, et oublier nos fausses convictions. On peut désapprendre tellement bien qu'il en viendra de nouveaux horizons plus rocambolesques les uns que les autres. Ces horizons ne seront en fait que remonter à la surface d'un inconscient devenu profondément conscient. On sera devenu assez fou pour écouter les ressentis, et bien plus, pour les ressentir vraiment. Tiens, c'est quoi ce haut-le-coeur à la suite de cette pensée ? Mais d'où vient cet espoir ? Et cette peur que l'on apprivoisera vraiment que le jour où l'on se rendra compte que l'on est peur nous-même ? Sages propos qu'il vient de m'être enseigné par un sacré nom de Dieu de livre. Sages propos qu'on ne peut pas croire à moins de l'avoir senti vraiment. Je me suis donc allongée, puis assise pour écouter. Puis carrément détendue en me laissant aller à cette méditation post-volcanique (Nous partons dans quelques heures pour gravir l'Acatenango puis le Fuego). De là, rien ne se produisit. Aucune sensation de peur, aucun désagrément intérieure alors que j'écoutais. Et pourquoi selon toi ? 

        Car je ne pensais plus. Mon attention était toute pleine de l'énergie qui circulait dans mon corps et de ce bien-être qui ne peut se décrire que par un seul mot : l'apaisement total et fusionnel avec la terre et l'univers entier. Le devenir dans un cosmo au delà du réel. Un truc de fou qu'il faut cultiver encore et encore. Car la sensation est incomparable à tout autre plaisir terrestre. Bref, tout ça pour dire que le retour sur terre a été différent, lorsque j'ai essayé de m'endormir pour me reposer quelques instants. Le mental ne demandait pas meilleur aubaine pour rejaillir et reprendre sa place. Ce qu'il s'est produit en moi fût alors une succession de sensations tantôt positives, tantôt négatives. Grâce à la prise de conscience initiée par les mots du livre (Se libérer du connu de Krishnamurti), j'ai pu identifier ces ressentis bien plus vite. Car ces éclairs vont vite et sont tellement temporaires que l'on en vient vite à les oublier de la même manière. La mémoire de celles-ci par l'attention progressive permet de les capter pour les comprendre. Cela aurait-il été le cas si j'avais continuer de ne pas penser? Je ne crois pas, car les pensées crées par le mental engendrent les émotions dans ce cas précis. Et je comprends mieux dans quels cas c'est le contraire : lorsque tu es en action, lorsque tu échanges avec le monde extérieur. Tandis que la passivité (c'est-à-dire les moments de repos ou de tranquillité) ne nous fait que ressasser de vieux démons, et donc ressentir la peur, l'angoisse ou l'espoir.

        Voila à peu près ce à quoi je m'exerce ces temps-ci, car le contexte est plus que propice à l'élévation intérieure et à l'amélioration de la compréhension de soi. Je me sens bien dans cet équilibre crée grâce à l'enracinement dans une nouvelle situation, un nouveau pays et de nouvelles fréquentations. Je ne cherche plus tant à comprendre le sens de la vie qu'à le ressentir pleinement. 

        En ne prétendant pas détenir la vérité, je pause ça là, comme le soleil se poserait sur la cime d'une montagne au crépuscule, comme l'ours qui se repose pour surmonter l'hivers, comme l'on a posé ce pot de fleurs noir à la lumière. 

        Amicalement Full

        Fill.

    3
    Lundi 16 Avril à 08:17

    heureuse qui comme ulysse...

    on ne vole sans s'être auparavant débarrassé de ses béquilles. de ses gros sabots. de ses chaussettes. tant qu'il ne reste plus de soi  que l'aile nue

    et quand on souffle sur les peurs...comme pour les exorciser, les caresser, ou simplement les attiser. quand on souffle pour souffler, juste parce qu'il y a le souffle. juste parce qu'il y a la peur

    au bout de deux heures la digue en moi se rompt. une fois le flux des images figé, l'émotion retombée. une fois le cours des idées dilué, la conscience sans objet. la digue rompue: l'orgasme de l'être, inondé de lumière. puis plus rien qu'une vaste paix, un grand vide plein. le verre d'eau s'est noyé dans l'eau neuve / et perpétuelle

    monter, descendre, planer. debout, assis, couché. comme ci, comme ça, ou autrement. rien, rien dans le rien, autrement rien. dénoué au cœur du nœud, noué dans le leste. la main ouverte ou le cœur crispé. par tous les temps. oui, par tous les temps. c'est un signe - un signe de rien, un signe de soi. un signe / ne signifiant que soi

    libre de toute façon. absolument de toute façon. la mort en poche. on y fourre notre avoir et notre être. notre voyage. nous sommes le voyage - le chemin perdu, droit et sinueux, renouant, détournant, menant l'éternité à elle-même

    alors, comme des gens que la loi n'excuse plus, et qui ne s'excusent de rien, on a 
    lâché les rênes...

     

     



    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :