•   parachevant la plainte qui s'élève du milieu, j'ai tout un arbre à pendre
      une durée lumineuse, également
      quelques agents m'ont vu

     

     

      se maintenir debout alors que tout chavire, en équilibre sur un vide extrême
      plus quelques mouches autour, leur macabre danse du ventre
      - est-ce d'avoir vécu qui me tracasse ainsi, ou résolument l'idée que
      la vie n'existe pas

     

     

      périodiquement mourir, sans pour autant renaître, bien malgré soi d'ailleurs
      renaître d'ici-même, un doigt bagué d'anus, les muscles de la main
      étranglant la pénombre

     

     

      j'avais j'étais certain, une peau bien à moi, une peau narrative
      un mur qu'on érigeait afin de soutenir quelque obscène graffiti
      j'étais j'avais, option facultative, besoin de rien désir de tout
      enfin je crois...

     

     

      et j'embrasse quelqu'un
      sur la bouche ou ailleurs, j'embrasse
      quelqu'un me dit embrasse-moi là, ou là, j'embrasse ailleurs
      quelqu'un
      m'embrasse ailleurs

     

      : l'ombre en lumière...

     


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  •   l'ancêtre qui marche ne dit rien. il s'enfonce en un bois peu profond, s'agissant de l'impénétrabilité de l'être

     

     

      c'est la joie d'être, l'esprit qui s'émerveille. un jour tu fais
      le tour dans un sens, un autre jour en sens
      inverse, sans jamais être sûr toutefois de retrouver le point initial
      de ta matière, de ton élan

     

     

      l'ombre qui passe sur toi ne t'efface pas tout à fait. disons qu'elle te répare, qu'elle neutralise la pesanteur, une certaine
      idée que l'on se fait de soi, à contre courant de la fille en nous nue, ou notre plus intime
      conviction

     

     

      chacun prend son chemin
      chacun prend son chemin où il veut et l'abandonne un peu plus loin, en terrain boueux ou sur lit de caillasse
      chacun se déshabille, comme il peut, armé d'un ongle dont la magie
      ne fonctionne plus

     

     

      rien ne me lasse. ex-traire de l'ombre épaisse une grêle
      et bien aigre lumière. baisser le ton hausser la vue - oui, non: arrêter de penser, battre les bras à la figure du vide
      et commencer à planer planant planeur, esprit fluide suis-je là?

     

     

    plane, la rigueur


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  •   je me suis demandé pourquoi comment j'étais encore toujours vivant
      ne sachant pas m'y prendre pour être mort
      le gène de la maltraitance
      rivé aux couilles

     

     

      un chien ne me parle pas. un chien
      ne me regarde pas. je n'ose même pas mon nom, un nom
      au bout de mon angoisse, au bout de mon émotion, il n'y a
      rien

     

     

      cette ahurissante liberté
      mais dénuée du moindre sentiment de liberté
      j'ai un mal d'homme à être un homme, ne sachant ni ne pouvant
      être rien d'autre que cela, mort sans audace

     

     

      toute la bonté et même si on pisse à côté toute la bonté
      de l'homme en travers toi, une idée sans ciller, toute
      la bonté de l'homme, et à ses pieds, l'homme à ses pieds, ses pieds
      trempés

     

     

      et pourquoi qu'on m'a fait ci, et pourquoi qu'on m'a fait ça
      qu'on m'a rien fait
      je regarde devant: devant
      me regarde, sans que nos regards jamais
      ne se croisent

     

     

      c'est la vie et c'est comme ça, la mort
      c'est la mort et c'est comme ça, j'arrive
      j'arrive - enfin... pas vraiment
      c'est comme ça et j'arrive pas

     


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  •   je voulais me foutre un coup de couteau dans le ventre mais le coup est tombé dans un trou. ou j'ai voulu mourir et la vie selon moi,
      la vie se fout de moi

     

     

      le berceau solitaire. tu ne me remplis de rien. un trou me perforant la tête crèverait l'abcès, dégageant un vide par où
      respirer enfin

     

     

      je me fous d'être aimé, d'une corde où me pendre. je verse à cent pour cent
      dans le néant-jadis, le néant
      hors d'âge

     

     

      je ne suis rien
      mais jamais assez rien. je me couche dessus la bruine, la bruine
      me touche le visage, je n'ai pas de visage, j'adopte l'attitude
      d'un régulier suicide

     

     

      tu me manges une joue creuse, très creuse
      la mort se mêle de moi, la mort se mêle de rien. je fais le tour du lac, je tourne autour du pot
      et ça fait même pas jouir

     

     

      la porte s'est ouverte, le nuage
      crève de lui-même. j'ai mal à nulle part. très
      mal

     

     

      on ira dire bonjour à l'adieu, on éjaculera à bout portant dans
      la bouche d'une morte. on dira non, comme pour s'enfoncer un peu plus encore, doigt-chagrin,
      dans la merde

     

     

      un siècle et pas un pouce de plus. tu me regardes
      quand je ne te
      regarde pas. parce qu'y a pas d'ça à voir
      ni rien

     

     

    mort que vif
      

     

     

      


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  •   un chien a ouvert l'espace pur, sans rien connaître pour autant
      de la mystique rhénane ou de ses acolytes, beatles de terroir, bénéficiaires des minima
      sociaux: commun soleil dénominateur

     

     

      d'instinct je me méfie
      de celle dont le hasard n'aurait pas épuré la ligne d'horizon, la ligne
      du destin. elle m'a
      remis son gobelet - je préférai cracher par terre, par dépit ou à défaut
      d'ailleurs, en contrechamp

     

     

      dépouillé de ses oripeaux, il ou elle, voire il
      commence à être beau, de banlieue de hameau, remercie
      le ventre qui t'a vu naître, expulsé, perçois jusque la buée dans
      la caresse des os...

     

     

      je t'aime beaucoup moi non merci. jambes sang sous robe noire, j'erre parmi, entre et parmi
      les pissenlits, je t'aime beaucoup d'entre l'azur
      et l'autopsie: j'étais un phoque, je reste un phoque, pur extrait de ta vulve

     

     

      j'habite
      à deux pas de chez moi, seul ou à trois sous un genre d'escalier de planches brutes, de perron en béton - j'habite à moi tout seul
      seul en soi ou dans un bois

     

     

      chercher sans savoir quoi, aller sans savoir où - ça pourrait être un parc en fait. à quelques encablures
      d'un périphérique, n'importe quel
      périphérique je m'en fous, à la structure fragile en dépit de sa nature
      compromettante...

     


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  •   avec ta gueule de poisson-loque, d'arménien post-traumatique relève le mufle, hume un air d'ailleurs, éjacule
      à bout portant ou à portée de main. demeure un homme - les os
      se chargeront du reste...

     

     

      quand ce n'est plus la foi, c'est la pitié qui manque et des fois j'ai juste envie
      de cesser d'être, j'aspire au plein néant. soulagé d'exister, de l'excrément de vivre, du poids des bigoudis - je rêve d'un non-rêve, total
      et abyssal...

     

     

      il n'y a plus de sport - faire le beau, éprouver sa puissance, il n'y a plus
      de chemin du milieu. rien que les bas-côtés, où ruissellent les pluies, pissenlits et orties: le surplus
      inapproprié. tenace. le désert paternel

     

     

      d'ailleurs il est mort
      personne ne s'en préoccupe. dieu, même dieu s'en désintéresse - il doit
      ressusciter tout seul, comme un grand, ou comme un moindre grand que sais-je mais une fois ressuscité, une fois sauvé des boues que sais-je, que peut-il faire? que veux-tu donc
      qu'il fasse?...

     

     

    masako natsume en moine bouddhiste
      


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  •   et sur ce terrain-là tu n'iras guère plus loin. à vrai dire tu n'iras nulle part. tu te jettes d'un train pour retomber
      toujours sur le même quai

     

     

      l'idée dont on s'imprègne, et qui nous meurt la vie. chapelle commémorative: une mort sublime l'espace. on ne sait plus où
      se vider la vessie

     

     

      en homme qui n'allait jamais sedan, je crains d'être un peu amoureux. je retrousse une manche, je rebrousse un soupir - quelque chose m'arrive, qui m'arrive plus loin comment dire,
      qui m'arrive à un autre

     

     

      non il ne fait pas beau - jamais. ne perçois-tu pas la cruauté de dieu sous l'effet-même de la grâce? en samouraï transi tu retournes la terre, tu bêches ton terrain. ton terrain
      te le rend bien

     

     

      il faut passer la mort sur toute l'étendue de ta vie, de ton visage - il faut passer l'éponge sur les couilles, les 'tiotes ruches, et les fantasmes
      de châteaux en champagne...

     

     

      tu ne m'auras pas. non tu ne m'auras pas je ne suis le témoin de rien, ou rien que le témoin de soi, queue de paon en guise et place de l'oreille - oui de l'oreille
      exactement

     


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  •   nous nous tenions la main par la même seconde. et c'est à la même vitesse, à la vitesse d'un nœud...

     

     

      chanterai sans un son, respirant sans un souffle. tu me demanderas pourquoi - il n'y a pas de raison. où est une raison, c'est le pourquoi qui saute

     

     

      l'espace vide et de lumière. en attendant je refourgue le don de prophétie aux zonards, aux migrants de pitié. moi aussi, je vis pour rien

     

     

      allez j'arrête. je ne décolle plus de l'animal astral. mon cerveau se dilate, vulve à l'avenant. mon cerveau se délite, cierge rampant grave

     

     

      car la grâce se réveille là, en pleine vacance. là-même où la loi inopère. alors qu'à l'autre bout de moi, pendues au-dessus de leur tombe, mes amantes
      se languissent...

     

     

      elle me dit dur, ogre ascétique. elle me dit clown tendre, ours pelé. elle a du oublié le PQ usagé qui me pend aux branches des lunettes
      et l' idée-même de dieu...

     

     

    les gueules de loup


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