•   tu ne t'embarrasses pas de mots pour dire merci, tu colles ta langue sur mon globe
      et t'y vas jusqu'à ça saigne. je sais bien
      qu'on ne peut pas s'comprendre, même si le geste
      dépasse de ma manche, même si je tourne, une fois de plus et en définitive
      du clin de l'œil au coin d'la rue
      et disparais

     

     

      je ne suis
      pas le pire pour t'annoncer cela, mais le temps presse, qui manque
      d'une étrange manière, la cour à l'abandon, quoique d'un pas
      mal assuré se fond
      dans la nature enfin, ce qui
      se prend pour telle

     

     

      j'te donne du feu, c'est peu
      surtout lorsqu'il vente comme il vente là, du fond de soi
      on en demandait pas tant, on se serait même contenté
      de moins si moins avait suffi, du moins c'est c'qu'on se dit
      quand on se dit plus rien
      ou presque

     

     

      un jour topinambour
      j'ai envie trois quarts nord, d'm'en aller plus par là, dériver
      à la ligne en sautant, j'ai peur de te marcher dessus par soi-disant
      inadvertance, mais rien
      ne me retient ici, ou là, ce qui n'arrange rien...

     

     

    mémoire en berne
      
      
      


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  •   non si ça penche d'un côté ce n'est pas pour
      te rendre heureuse, un bol d'eau peut-être, chaude
      te rendra la pareille
      allez va, mouche ton sein

     

     

      de giron n'en parlons pas
      elle-même, et d'autres raisons sans doute, probablement, et malgré tout
      elle s'endort en panier, ça fuit, ça se
      répand, sommeil percé

     

     

      tu voles de mes propres ailes, ça finit
      par se savoir tu sais, le départ
      a le pied large, est homnivore, voire omnisport tu sais, l'apothéose
      te nique la tache, ça s'défend

     

     

      tout dépend
      de par où on passe, s'déplace
      la mort à son comptoir, la peur à son compteur
      tu t'déploies, pour ça on peut pas dire, tu t'déploies
      ça f'rait presque pleurer, si seulement pleurer
      t'était permis

     

     

      c'est par un beau chagrin, minuscule entrelacs
      mais te tue pas pour moi, véhicule tout terrain
      de roue titube, de pneu slashé, tu dors tu dors-tu
      j'en sais rien je m'rince
      le prépuce et j'en sue

     

     

      vois j'en suis pas certain, j'essuie
      ces traces de passes, crasses, les souillures orgasmiques, il neige
      ça a l'air de rien comme ça mais il neige, même si
      ça te rappelle rien, perplexe, que tomber
      en oubli, précaire (toi), instable-
      ment nécessaire (toi)

     


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  •   
      renard musqué, bête traquée
      nous nous pensions d'un chemin long
      et large
      si large...

     

     

      paquet de haut vent
      à la face t'es beau, t'es belle
      besoin pressant, crispant
      d'extirpement

     

     

      cheval consort, à cause
      d'un être humain j'ai faim
      perpétuellement
      faim, la faim

     

     

      ils se sont rencontrés au très hasard
      d'une
      douce désolation, elle semblant - ils n'auraient
      pas survécu sans ça, ni
      à ça, d'ailleurs

     

     

      bœuf entier, travail sensé
      l'amour te prend de court tandis que l'autre
      bras
      pendait tout seul

     

     

      le tout petit
      caillou (à peine un gravillon)
      qui, de ta chaussure
      remonte dans le sang, blanc
      et te heurte
      l'œil - ne t'en fais pas

     

     

      fuck une gourde

     

    soulève l'intime

     

     

      


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  •   j'arrivais sans dessus
      dessous
      je m'imaginais quoi - mourir
      debout?
      je m'imaginais, c'est tout

     

     

      on n' s'aime pas
      c'est clair, c'est net: on n' s'aime pas
      nous sommes un monde
      hors poésie
      ça nous arrive aussi
      (et quand la marée tombe)
      d'en rire

     

     

      chien vegan et nique ta lope
      je ne me souviens pas du nom
      qui délivre
      de tout le mal
      et tous les hommes avec acharnement, se masturbant face au
      déni d'orgasme
      éjaculant leur mort
      et leur mort
      et leur mort...

     

     

      le présent
      nous efface, roulant à vide - ton pull
      de la laine à bouffer, ta bouche
      une banque à sperme, ta tombe
      l'endroit où je pleure
      et agonise
      coulant à pic

     

     

      mon chien ne s'appelle pas
      ma vie ne mord pas
      mon sommeil
      ne se rattrape pas
      on s'endort quelque part
      quelque part
      nous veille

     

     

      j'adore du bruit la fureur animée
      ce n'est pas la mort qui me fait peur, ni
      ultimement
      le non-sens
      mais tout simplement l'absence
      d'aumône...

     


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  •   je suis un étendu
      un étendu
      sur la colline aux morts
      ou si j'avance, j'avance comme ça
      à contre-sens, dans le sens de
      l'urgence d'un présent
      totalitaire quoique strictement
      confidentiel

     

     

      je n'ai vu que mort devant
      toujours devant
      mais pas dedans
      et quand dedans, j'ai su qu'un autre jour
      irrépressible, inextinguible
      là c'est pas moi qui rêve, c'est pas moi qui
      un autre jour j'ai vu, là
      au tout-dedans

     

     

      il faut en arriver là
      où il n'y a plus le choix, c'est pas
      sauter de la falaise qui nous donnera des ailes, mais les ailes
      qui creuseront les chutes, je me suis dit
      pour me donner du courage
      tant j'ai peur
      trop peur pour ne pas rejaillir, trop peur
      pour ne pas
      sauter sans ailes

     

     

      les hommes qui tombent, les hommes qui pensent
      à autre chose quand autre chose
      se pense homme, et chancelle
      sur un sol désormais
      si fragile (nous marchons
      sur des poules...)
      et j'en meurs pas

     

     

      j'en dis oui mais oui, moi c'que j'en dis...
      on n'en sort pas
      et on n'y entre pas non plus
      on reste dehors, bien enfermé dehors
      hermétiquement hors
      on baise les dents jusqu'à l'éclat, on s'tire la queue c'est qui l'pompon, on s'pend
      au plafond le plus bas
      on s'pend à g'noux

     

     

    ton âme-tournesol

     

     


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  •   l'éden
      va bien
      rue flandres-dunkerque aussi tout va bien
      les femmes suivent
      leur p'tit bonhomme de ch'min, parfois je les appelle
      camarade, mon amour, parfois connasse,
      ou bien le dernier soir

     

     

      chaque jour, chaque jour
      du moins il essaye, il m'bouffe
      la manche, et déjà la manche repousse, rallonge, elle m'cache les tarses, les métatarses
      dans mendier ceux que je préfère c'est ceux qui voudraient vraiment donner
      mais n'ont rien sur eux, ou pas d'monnaie, désolés de n'pas pouvoir
      vraiment ceux, m'attendrissent

     

     

      ma nuit a l'air obscur, mais c'est dans l'noir qu'on voit le plus loin, et si loin
      je laisserais personne me toucher les couilles, et moi-même j'oserais pas
      m'toucher les couilles, d'un volcan qui mijote, complote
      les lauriers roses dans leurs chaussettes de béton, chemin de craie calvaire apothéose
      - ai-je une âme?

     

     

      ta gueule et tais-toi, achève ton sport
      je caresse tes baisers du bout des gants, du cul mouillé le banc
      nos nuits fertiles j'astique les jantes, nos jours stériles j'te racle la langue - on s'rase les poils d'la bite, les poils d'la chatte, on s'rase les poils partout, braves poulets
      entre vivre la mort et mourir la vie, je suis tout autre chose...

     


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  •   
      c'est ainsi qu'en tant qu'être, humain par la naissance, divin par la conscience, je m'enlise...

     

     

      ces grands solitaires, souffrant non d'être seul, mais s'isolant
      pour mieux souffrir

     

     

      une simple houette
      rien qu'une 'tiote houette
      pour défricher 
      tout le néant
      quelle galère

     

     

      un seul repas
      par jour
      ou tout un jour
      d'orgie sauvage
      je ne sais plus comment
      m'y prendre

     

     

      paniqué, me débattant, transi, exultant, déchaîné terrorisé, j'encule - oui j'encule - le vent
      il était temps

     

     

      je lui ai dit la pire chose que tu puisses me faire c'est de m'aimer, je connais pas pire malaise moral
      heureusement je n'étais rien, ne représentait rien ni personne, alors elle n'en a
      pas tenu compte

     

     

      j'allais tourner à droite, juste avant l'océan, de rigueur abyssale, et puis je me suis dit bon, allons tout droit...

     

     

    marie d'eau douce
      


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  •   
      tu me tires par la manche

     

     

      ni la grâce ni l'extase, ni même le pardon ne suffiront à rassasier son âme
      seule une faim, un jeûne illimité, un désespoir tel - il n'y a
      pas de cri pour ça

     

     

      le néant, qu'on ne tue point

     

     

      au bout du compte il n'y a pas de bout
      je fourre ma tête dans le creux de mon bras, j'essaie de dormir un peu, je voudrais m'endormir - le sommeil
      ne tombe pas

     

     

      toute vérité déchiquetée
      un monstre se dresse devant moi. j'enfonce mon doigt dans le monstre, comme on touille dans une merde de chien
      le chien respire, il gît là - alors pourquoi on dit qu'il est mort
      depuis l'éternité déjà

     

     

      le ventre c'est déjà ça, je t'embrasse le ventre, un sac de poussière
      et ça n'engendre rien, coléoptère remontant l'utérus, fœtus tout rabougri
      je pleure avec toi, je pleure sur toi, imagine on arrose une plante, ou bien on pisse
      sur une fille jolie qui détourne son regard, c'est juste à cause de ça qu'on la trouve jolie - peu importe la vie

     

     

      j'respire comme on s'suicide, sinon ça sert à quoi de vivre, à rien et c'est pourquoi j'respire
      comme ça, récalcitrant, contrevenant à l'évidence c'est méchant

     

     

      les autres jours je ne me dis rien, je ne sais plus par où
      t'appeler


      


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