•   vivre avec si peu
      que la joie ne trouve plus
      d'obstacle, ni de gros mots
      à raturer

     

     

      ainsi partis
      raqueniqués
      où s'entrouvrent nos bras, les malfaisants

     

     

      on ne parlera
      plus des morts, on laissera
      tomber nos noms, et les noms de nos femmes
      en plus de nos smartphones

     

     

      j'ai peur de toi, de ton
      combat pour mon égalité
      je crains un sioux, lové dans le
      formol de nos bénédictions

     

     

      les rameurs à
      contre-courant, danseurs hors piste
      dormeurs contre la montre
      y verront clair, tournant de l'œil

     

     

      sabotage
      général, magie concrète
      j'te lave les pieds, j'te broute la touffe, un matin vient
      par où il en
      ressort

     

     

      de ma disgrâce
      le cercle lent, l'horloge brisée - plus rien
      ne me distrait...

     

     

    mords-lui les lèvres


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  •   de chaque côté de la rue quelqu'un pend. on a l'impression
      que la rue n'est là que pour ça, passante
      entre les jambes de ceux qui ne
      sont là que pour
      ça, âmes ballantes...

     

     

      je n'aime pas la mort: je rentre
      dans le couteau. je lèche les dents de la morsure, j'éjacule
      un sperme noir. j'ai peur de toi tu sais
      que je me réfugie tout au fond
      de ton absence, l'ongle sale d'un doigt

     

     

      tout un miracle tient là: il suffit de
      mourir, d'en chier de la laideur, de se sentir

      l'excrément de dieu-le-chien, ou de la mère supérieure, veuve reptilienne
      or vivre m'est si abject

      que j'en couve un délice...

     

     

      le trou hurlant la nuit flottante
      prisons jalonnant la campagne
      tout alors portait le visage défiguré
      de l'amour un
      et vénérien

     

     

      j'ai envie de me tuer, juste pour me prouver l'éternité
      laquelle ne consisterait pas en l'infinité du temps, son étendue, et pire que son absence: son
      parfait néant, que chaque chose en ce monde, de ce monde et ce monde
      réfute et simultanément démontre. je n'ai pas, il n'y a pas de limite à tout ça, donc à rien c'est la chute
      finale...

     

     

      ciel un punk
      sur une seule jambe j'te jure, et dansant sur la vague
      t'es mort donc t'es vivant

     


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  •   des milliers de gens sont morts debout. ils auraient pu faire autrement: par exemple s'allonger, calmement s'empiler les uns
      sur les autres. ou vice-versa

     

     

      d'accord sur une chose, l'absolue transcendance, immanente en chacun
      et puis n'en parlons plus, passons à autre chose, toujours la même
      et toujours autre...

     

     

      survivre ne me suffit plus, l'infini par ailleurs trop borné. il me reste un poème
      à jamais n'achever

     

     

      tant de beauté que mon esprit ne pouvait l'absorber, et suffoquait. je ne suis plus capable de telle beauté, c'est à dire d'en mourir... je dois donc apprendre, autrement dit me résigner
      à mourir sans beauté

     

     

      je méditais quand trois-quatre mouches vinrent là, m'élisant comme terrain de leurs jeux. je me délectais de la sensation de leurs pas sur mes pieds sales, mes mains nues ou mon crâne rasé - d'un léger chatouillement
      je les éprouvais comme une déclaration d'amour, quelque chose plus essentiel que dieu, puisqu'elles étaient la révélation
      de dieu comme absence-même et suprême
      de tout but...

     

     

      alors je me suis mis à picoler, à picoler, à picoler
      et comme ce n'était pas assez, tout bêtement je me suis mis
      à pleurer...

     

     

    requiem-patate


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  •   comme je n'étais au courant de rien je l'ai laissée tomber, et c'est vraiment navrant. vraiment navrant indeed

     

     

      l'ordre lui offre son corps

     

     

      maîtriser revient tout simplement à se priver du miracle, à s'interdire l'avènement de l'état amoureux
      avec ses caresses d'orties
      sur les parties génitales

     

     

      un jour je suis l'homme de rien, un jour
      l'homme de qui veut bien le prendre, ou le rendre
      à son originel dénuement, le pendre
      à l'arbre qui dit non

     

     

      un autre jour j'aurais pitié de toi, comme j'aurais eu pitié de moi si seulement
      j'avais su où me rendre, à quel moment paraître, selon quelle position et jouir
      ailleurs que dans ta chair, et si profondément,
      t'exposant à tout vent...

     

     

      creuser la nuit jusqu'à l'aube, dieu à l'autre bout de la mort. l'orgasme fruit d'un suicide sacrificiel
      il y eut l'espoir bien-sûr, son effritement, son érosion dans la boue prénatale
      et puis l'amour enfin, sans comprendre pourquoi, sans même savoir comment

     

     

      et de tant mourir on finira peut-être par
      vivre l'un de l'autre. mais j'y crois pas. s'ouvre la tienne,
      s'ouvre la mienne...

       


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  •   trier par terre là n'est pas mon bout, là n'est pas mon champ. la
      fossoyeuse à tire d'aile...

     

     

      mais le mal consiste t-il justement en la réduction de l'être à l'insignifiance, ou l'insignifiance de celui-ci serait-elle au contraire la condition de son
      inconditionnelle liberté?

     

     

      qu'est-ce qu'on fait quand on n' fait rien? rien, on ne fait rien
      tandis qu'au loin...

     

     

      vivre avec soi ne serait pas facile - seulement nécessaire. alors on se contente de dieu, tâchant de se maintenir et de survivre en-deçà
      du seuil de sainteté

     

     

      jusqu'à ce qu'il ne reste de moi plus un os, pas même un souvenir: que l'âme anonymée
      dont l'absolue beauté...

     

     

      et comme le oui était sourd il a fallu le casser à coups de non, jusqu'à faire résonner le si. ça a pris le temps que ça a pris
      voire un peu plus

     

     

      récupérer son âme. avec en passant la pluie qu'on enterrera, la vie entre deux feux dont l'un, mort, l'autre
      péniblement clignote...

     

     

    tandis qu'au loin


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  •   je me permets de dire beaucoup je t'aime, o ma valise

     

     

      la réticence au définitif, à l'affirmatif
      d'ici là tout navigue, socle fécond
      vacuité par défaut

     

     

      je n'y pense pas et n'y pensant pas, j'en réfléchis l'absence
      en esquisse la fugue...

     

     

      trouble-veuve. le bas chant des lisières
      une soif nous pénètre, nous endure
      nous ne tenons plus qu'à ce qui nous lâche

     

     

      il y a des mendiants dont l'accolade
      nous abîme en carences. qu'est-ce qui nous éveille à nous-mêmes sinon l'impossibilité même
      de nous rejoindre?

     

     

      et dans la barque tanguait la mer - clameur et tumulte leur tenant lieu de rames
      au noyé, qu'importe le sens du courant?
      et qui se jette ne se fiera qu'à sa seule
      pesanteur...

     

     

      je reviens d'un monde dont d'aucuns diront
      qu'il n'existe pas, alors même qu'il n'existe pas
      - qu'y puis-je encore être?

     


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  •   ce que le ciel dégorge
      d'orgie et de contestation
      : je me suis trouvé là

     

     

      et l'un ne se révèle pas sans l'autre, lui léchant doucement
      la joue

     

     

      la pluie fait le beau temps, pas plus
      pas plus ne fait rien d'autre, pleurant
      à même la larme

     

     

      génère le vide et t'en déleste
      poisson d'avril au dos du
      mur et de l'ennui

     

     

      il n'y a pas ici l'amour, mais la violence de la paix, l'oppression du déni
      - que tout enfin se dénoue dans un simple et formidable
      laisser-être

     

     

      à chacun sa rage, son chemin de Tolède
      la déchirure rampante à la conscience de soi
      j'embrasse mon ulcère: suffit-il de
      chanter?

     

     

      jouant à colin-maillard tout là-haut au rempart
      la beauté comment dire, la beauté comment taire
      prend l'aspect d'un désastre

     

     

    point de désencrage


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  •   de quoi suis-je le dernier regard, le petit tas de
      cendres bleuâtres, bleutés grisâtres, rappel ultime
      de l'absence

     

     

      la révolte est sacrée. les nounours en guimauve également. et la seule idée de dieu contre la mort
      définitive

     

     

      je me tais. d'accord je me tais mais alors tu ne m'entendras plus. et je n'en serai pas plus nu
      plus nu que toi en toute circonstance

     

     

      j'éprouve une véritable répulsion
      à posséder ma vie. à sauver ma mère qui morceau par morceau. pesant d'autant plus lourdement en soi
      qu'on ne fait plus le poids

     

     

      jalons sur un peu d'air frais
      revenir sans avoir où revenir redonnera confiance, ou dispersera ce qui reste de souffle
      aux quatre coins manquants

     

     

      dorénavant. dorénavant le ciel vacant
      ou l'herbe haute
      au fond du fond par-delà l'horizon, enjambant sa propre pensée et dissoudre
      les termes

     


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