•   tu te trompes d'ennui - sans doute ne te regardes-tu pas assez, longtemps ni profondément. on s'y croirait vraiment

     

     

      alors un jour jetai-je la balle le plus loin possible, et si possible n'allait loin, hors de portée déjà - roulant comme ça un p'tit moment

     

     

      l'polichinel perdait ses dents, aplati cont' la vitre. quant au dieu nu, dieu boréal, dieu en chacun le... souvenir de soi

     

     

      quand la balle me revint, renvoyée je ne sais comme, je n'y touchai point, et n'y répondis pas. de tranquille inquiétude ou de fausse pudeur

     

     

      par terre traînent mes pas, un peu dés de travers en équilibre sur l'arête - osselets océaniques, ils recouvrent un désespace

     

     

      chien naturel petit crottin, n'en meurent encore et sous le pain, rassis de ce quotidien-là: un gentil coquelicot

     

     

      tu n'en mènes pas large; tu n'en mènes pas long non plus. n'importe qui aurait pu te foutre une baffe ou souffler une haleine fétide, sur ton œil gauche

     

     

      sodomisant la transe

     

     

    je ne dors pas très beaucoup, θρακη


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  •   je suis à vous nulle part, maintenant je m'emmène
      je m'emmène nulle part, toujours en continu
      je survis quelque part

     

     

      je viens sans doute vers toi, vers toi s'endort
      si on meurt on dira que c'est pour rien, ou par hasard
      ou alors qu'on est saoul

     

     

      manquer dieu. j'ai manqué dieu. c'est ce qui fait de moi un genre d'humain
      avec des clous au fond du corps, des billes
      sur la route

     

     

      certains se pendent à la corde, or la corde trop courte
      les chiens ne m'aboient plus. ils m'aiment et je ne sais plus trop bien
      pourquoi, ni le sexe défunt

     

     

      petite pluie grande couronne, tu fais le tour de maintenant
      quoi qu'il en soit, suces-tu toujours
      le sein d'un homme...?

     


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  •   et puis quoi?
      et puis il y eut un mort. un mort ça ne (se)
      discute pas

     

     

      je pleure entre tes genoux et toi aussi tu pleures, de par ces genoux-là
      on aurait pu pleurer comme ça très éthérés, mais ça n'aurait pas valu

     

     

      qui me demande de l'embrasser, le dos appuyé là contre le mur des publiques chiottes?
      personne. je me demande moi à quoi il aura finalement servi
      d'exister

     

     

      revenir où?
      la pluie tombe de n'importe où, de n'importe où sur ma nuque, sur mes verres
      elle dégouline

     

     

      tellement perdu, tellement perdu mon dieu que soulevant quelque absence tu n'y
      trouves que moi, ce néant en tout genre...

     

     

      il n'y a plus d'ami, plus de parent plus de semblable il n'y a
      plus d'humain. je vogue encore
      un peu devant ton œil

     

     

      il n'a pas suffisamment plu il va falloir arroser, je lève les bras en l'air
      tu aurais pu un à un m'arracher les poils des aisselles
      ou me mettre en couveuse, le temps d'y voir plus clair

     

     

    vivisection d'un nuage

     

     

      


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  •   te r'garde encore un peu
      entre l'ouïe mâte
      et l'incertain.
      l'incertain a du boulot sur la planche, tandis que je, titubant place de grève
      fais entrave au courant

     

     

      qu'un seul me dise encore
      quel chien meurt avant moi
      canette errante, jolie planète, plante un clou dans ma main droite, plante un clou dans ma main gauche
      suce la moelle par le milieu, tant le milieu s'en fuit

     

     

      des fois un trou se dresse
      à ma hauteur et m'aspire moi qui n'aspire
      à rien tant rien se fait si grand -
      il t'offre un bonbon, tu suces le bonbon
      il te tend le crachoir, tu recraches un bonbon

     

     

      je te crache dans la bouche, puis je ravale le tout, le tout se liquéfiant
      je n'ai pas le hochet d'une réponse. je ne pense pas, puis j'éjacule
      à la suite de quoi soit je m'essuie
      or je m'ennuie

     

     

      j'avoue tout, tout j'avoue tout
      et rien ne vient - à peine un temps assis frileux, émollient harakiri
      d'un square si parisien. j'en tremble encore, en poule stricto sensu
      séparée de sa tête...

     


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  •   une seule minute abjecte, un rien qui m'ébranle
      et ce dieu m'aspirant par la bouche d'une tombe, par un ciel haut perché,
      ou par le puits d'un soi s'effondrant
      dans l'unanimité

     

     

      fenêtre ouverte sur quoi - un nombril-caoutchouc
      un miroir à deux faces, soudain retournées l'une contre l'autre, crissant d'effroi ou de simple
      désapparence - un nombril-mouchoir...

     

     

      étrange sensation que d'exister dans une mémoire autre, unique témoignage
      authentifiant la réalité de ce trou noir en moi, ce temps scellé comme par les bandes plastifiées
      d'une scène de crime. quelque lueur
      en émanerait donc encore...

     

     

      guignol en avait l'air. je marchai pas à pas - comment eus-je pu
      en enjamber un seul, esquisser l'à-côté, suspendre l'inertie?
      je pissai sur mes traces, brouillant les inconduites - qui sait si
      tu me rêveras...

     

     

      me reverrai-je, assis là sur un banc, prêtant ma canne à un aveugle
      auscultant le présent pour en prédire l'absence, ou vice-versa - suppose qu'une ligne,
      qu'une ligne ait bougé, qu'une lèvre ait frémi, suppose si tu oses
      l'impossible déminant le possible...

     

     

      je laisse tout en ordre: les ch'vaux dans la prairie, la queue au cul des chiens, l'alignement des astres - en vrille oui mais je sors
      du cercle je sors des gonds, j'appelle à l'aide l'écho-givre, boussole hors-nord
      lâchant la bride aux élans rompus suis-je mort déjà, ou la mort ne fait-elle
      que prendre mon accent, quand mon accent s'aggrave...

     

     

    un cri posthume
      


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  •   je ne sais plus ce que je dis. j'arrête. je mange une pomme. quand j'ai fini j'en deviens le pépin tout r'craché, la nuit du temps comme il s'en va. d'où il s'en va,
      plus rien ne pousse...

     

     

      il n'y a aucune émotion là-dedans. tout au plus une angoisse figée, le rictus d'un soupir s'il te plait ne
      m'assimile pas, je supporte pas ça, peuple errant puisque c'est ça, affrontant inconsolable
      l'inéluctable

     

     

      un ciel me dit va-t'en alors je m'en vais - ai-je l'air du trou
      de la serrure, à travers moi j'encule un ch'val. tu ne me reconnais pas évidemment mais à la fin nul ni personne
      ne reconnait quiconque, ni personne

     

     

      il y a des balcons dont on ne finit jamais de
      tomber. tomber c'est raide. on ramasse les os, on en fait un petit tas. un poème c'est moche
      quoi qu'on en dise, un poème c'est moche et si je meurs de faim je ne suis pas la faim - mon plus grand péché
      fut juste d'y survivre...

     

     

      je, le support d'un vide complet.
      j'ai même une photo de moi dans ma mémoire in memoriam. je n'ai plus peur le soir
      j'arrose, j'arrose mais rien ne pousse. des rails en saison creuse alors quoi
      on s'aimera c'est tout...

     


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  •   midi n'est pas fortune. fortune s'ra privé d'luxe.
      j'achève la terre. une fois le dommage entériné, j'achève la mer, j'm'arrête à l'horizon
      tout l'monde s'arrête à l'horizon. à l'horizon on change de ton, à l'horizon
      on tombe dehors

     

     

      tu vas dire toute la douleur, tout le mal qu'il y a en toi, tant que mourir c'est jouir.
      après cela, le pardon ayant tout effacé, et te remémorant tout dans le moindre détail, d'une exactitude désaffectée
      si la lumière encombre la lumière, alors la lumière souffle la lumière

     

     

      on est tous le mort de quelqu'un mais une fois brossées les dents, consentiras-tu donc à m'embrasser, ventouse mécréante?
      je n'aimais rien. je peux te l'avouer maintenant, je n'aimais rien
      par crainte de trahir quiconque...

     

     

      les morts enterrant leurs morts, foutent plein de terre à côté.
      père-lachaise des gueux, comme si dieu n'imprimait pas, comme si dieu ne faisait
      qu'occulter dieu, travailleur indépendant, péril péri-urbain, émigré sans latin - à faire reculer d'un crachât les limites du
      néant hop-là

     

     

      le plus petit commun dénominateur nous incombe, trois petites crottes simuleront un paysage famélique
      je me souviens des heures impaires, des voix gercées, perspectives radicales - j'aimai sans raison d'être et ce ne pouvait être, honteusement,
      par amour...

     

     

    et rien n'empêchant rien, les âmes d'ici-bas


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  •   tu te joues de moi. oui parce que tu te joues de moi. et moi ne répond pas
      serait-ce par manque d'aplomb, ou pure - oh si pure -
      indifférence...?

     

     

      dans le creux du chemin c'est un chemin en creux, clé de la voûte et racine du sol - quel sol?
      l'arbre en ciel n'en finit pas de 
      perdre ses feuilles...

     

     

      tu ma route. tu es ma route, d'un horizon le raccourci. alors tu pénètres avec moi
      en ce qui ne possède d'issue
      ni d"entrée

     

     

      qu'ai-je à donner, n'ai-je rien, à donner. le poids d'un vide, la contre-balançoire
      je m'en fous. dis: je m'en fous. je m'en fouterai par brassées
      voire par petites foulées...

     

     

      tu meurs enfin par amour du monde, d'un amour réfléchissant
      tu meurs enfin comme on se gratte le nœud
      d'un carrefour en tout sens...

     

     

      je ne pleurerai pas ta mort. la mienne peut-être un peu, d'un éclat sec, d'un
      cheveu dans la mare. tu sais à quoi je pense? à ça exactement
      : rien, précisément

     


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