•   c'est quoi ta vie, ton mystère, ta dolor d'amor
      mille fois ressassée?
      je te suce par la bouche et toi tu r'craches
      l'os, métèque,
      d'un vide incommensurable

     

     

      je n'ai rien acheté, j'ai seulement préféré
      le jour qui passe, sachant que rien ne passe
      le bois ronflant l'aile trouée, le bas
      filé si c'est ça qui te rassure, si c'est ça qui 
      t'ennuie

     

     

      pourquoi tu m'habitues, pourquoi tu m'habitues
      à tout
      du bout de tes bas ressorts, au large de tes
      instincts gestatifs - à tes normes plaintives, à tes
      insurrections nues, de chair nue

     

     

      c'est juste pour pas couler, c'est juste
      la bulle au-dessus du noyé - j'ai du marcher dessus
      j'ai
      du marcher dessus mais c'est pas grave
      écraser l'ombre nue

     

     

      rien que le petit jour et ça crachouine, ça ne peut
      jouir que debout, enfoui
      sous son œil droit, le coude au rail gelé ça ne peut
      que s'enfoncer, où, vers un passé
      meilleur, vingt et un grammes d'irradiée...

     


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  •   c'est l'ombre de surcroît, je crois qu'on crève un peu
      d'avoir vécu, et c'est déjà le ciel, un genre
      de ciel écartant
      subséquemment
      ses cuisses boréales...

     

     

      j'avais ma petite nuit, j'avais
      ma petite nuit tranquille, la vidéo interne, les chiens
      tournoyant sur leur queue - un chien n'a pas suffi il eut fallu
      les dents de mordre
      à même le vide du sujet

     

     

      j'ai pas beau
      réciter mon poème alors que rien ne bouge, que le banc
      tangue un peu, j'ai pas beau
      rougir de plaisir quand y a pas de plaisir et que du plaisir ne reste et ne subsiste que
      la douleur amourante

     

     

      j'irai gerber - j'irai gerber oui sur ta jolie paillasse
      pas parce que j'aime pas ta paillasse non, ni ne t'aime toi d'ailleurs
      mais parce que justement
      justement rien
      à sa façon

     

     

      un soir avant la pluie
      un soir avant la pluie mais c'était rien, c'était juste
      ce soir-là qu'il pleuvait, comme il pleut tous les soirs à partir d'une
      certaine heure, vers certaines cités, ou sur de vastes plaines
      où on se dit que bon, allez, après tout on a l'habitude...

     


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  •   je m'inquiète. je m'inquiète
      de vous, grippée à ce miroir - je ne m'inquiète guère
      ni de rien: j'espère régner
      régner sur rien
      d'un azur profond

     

     

      je vous aime or c'est à midi
      que j'éjacule le plus vite
      somnole-somnolence, qui me prend de vertige
      - dieu vote à gauche, laissant
      le trône vide...

     

     

      tourmenté mais pas de trop, j'ai perdu l'habitude
      d'être, c'est comme la clope, je suis mort avant
      de vivre, j'écarte les bras: le vent
      oui, c'est con: le vent
      me chatouille

     

     

      changement de décor, de civilisatoire,
      de posture héro-X, je 
      soutiens le prolo prolifé-
      rant, le mystique insomniaque
      et l'alcool au volant

     

     

      à chaque jour sa peine, sa cascade éventée - le jour
      qui meurt est un jour
      qui meurt. à chaque jour son jour, sa claque
      dans le dos, à chaque jour son ombre
      à peine refermée

     

    l'idée qu'un homme


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  •   j'aime une femme mais ça
      tout l'monde peut l'faire:
      trafiquer ses alibis, redéployer
      l'extase, dire tu
      où n'est que Je
      - car je fus avant celle, avant même que
      chien ne jacasse...

     

     

      vie ne fut
      que bonheur sans suite
      sel fin, si fin que
      la mer passe au travers
      - et dans le creux
      des os cette musique
      unique, ce souffle maigre
      : ce naufrage amoureux

     

     

      du coup maintenant, quand je marche sur
      du verre brisé, j'enlève mes grolles je retire
      mes chaussettes - c'est la moindre
      des politesses après tout

     

     

      naissance et mort, les deux bouts que tente de joindre le coït
      l'orgasme universel sur la croix de l'agonie
      entre les deux le corps flottant, les jours de bruine
      : l'économie du souffle...

     

     

      nous sommes un peuple
      de culs de jatte, tétraplégiques et autres déconnectés
      cierges éteints, vierges clandestins, nous sommes un peuple
      dépeuplé

     

     

      on pleure les yeux les uns des autres, on n'a pas peur
      mais moi j'ai peur quand même, peur de
      casser l'assiette, de
      l'andropause mélancolique, ou encore des gens
      qui ne savent plus se ressembler, ni comment faire durer

     

     

      s'arrêter tous les cent pas, faire un pas tous les dix jours
      le chewing gum de vivre - et nos mères
      à l'arrêt du car quand le car
      ne passe plus...

     


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  •   réduire les connexions pour se recentrer sur la seule connexion nécessaire: la conscience d'être, là - point nomade se rêvant du
      haut de toute chute

     

     

      je suis sans soi je suis sans 
      neige - je fonds comme au début, je ne
      m'y reconnais pas, je n'y
      reconnais rien

     

     

      la nature aime le vide, s'aménageant le maximum d'heures creuses, où produire dans l'entre-deux de soi la
      marge d'un silence

     

     

      et je vis dans ces creux, la conscience boostée par la mémoire de la
      mort - je couche quelque part,
      jamais ne m'y endors...

     

     

      un seul grain de poussière déjoue les pronostics - le néant ne compte pas
      dans un sens ou dans l'autre je retourne mes poches - le néant
      ne compte pas

     

     

      avoir été et s'en souvenir font figure d'actes irresponsables
      n'étant déjà plus que le souvenir de moi-même, et me considérant quelque part déjà mort
      entre le néant et moi l'épaisseur d'une feuille à rouler de la conscience de soi, ce soi comme si ce soi comme ça
      : la bille du troisième œil

     

     

      tout parle extase, extase et ennui de l'extase
      l'herbe pousse et j'ai la frousse. rien ne fut jamais plus inno-
      cent que l'herbe pousse

     

     

      ressusciter chaque jour et sans savoir pourquoi; ressusciter pour rien, au même endroit au bout du
      même souffle, ricoché sans préavis - au même endroit ça vous chavire

     

     

      on marchera comme on voudra mais on marchera droit
      on marchera en crabe, on marchera arrière, on marchera comme on pourra et quand on pourra pas eh bien on rampera
      droit ou en crabe

     

     

    lui qui fume clou sur clou


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  •   parfois qu'une terre, parfois qu'une terre et ça suffit
      les âmes blanches les croix de bois, boutons de nacre aux chemises
      écolières...

     

     

      on se trimbale comme ça, mains dans le rien, sexe forain - on trouve
      que les arbres ont poussé,
     que les trous
      sont creusés

     

     

      je me suis raté, je me suis raté d'un angle
      en plein rond la pierre tombée - je n'y fus pour rien: en plein rond
      la pierre s'est-elle jetée

     

     

      on raconte son âme, on raconte son âme et quelque part,
      c'est son âme qu'on perd, c'est comme le temps qu'on perd
      son bouton

     

     

      j'ai de moins en moins
      de mots, de raison, de mémoire: je me
      sans un bruit, tellement sans un bruit
      rapproche de toi

     

     

      mais ça suffit, tant j'ai les yeux heurtés
      de mes bains de minuit, j'accouche dans ta bouche j'accouche
      vibrant sans être, vivant de ce
      noème

     


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  •   pour un jour c'est mon fil à retordre - un jour blanc comme il faut, l'ouzo ivre d'un marbre par exemple
      j'en conviens
      tu me dis mais qu'est-ce que c'est que ça tu me dis mais qu'est-ce que tu fous là tu me dis mais non, tu ne me dis rien: tu me
      montres tes seins

     

     

      je ne prétends rien, tu sais que je ne prétends rien, à rien
      tu sais que j'ai vestibule, que j'ai tout comme il faut, où il faut, colmaté emmitouflé
      ma tombe. tu sais bien que le chant, qui s'élève plus il plonge, tu sais bien que le chant
      tarit

     

     

      je ne sortirai plus
      à la récréation,
      je n'éjaculerai plus
      à contre-le-courant
      - peut-être me suis-je, trompé
      de destinataire, peut-être me passai-
      je de tout intermédiaire, n'empêche que j'ai gagné
      une dent
      une dent sur ma racine

     

     

      si on a supprimé dieu c'est juste qu'il obstruait
      l'infini - car seule compte la vue, la vue qu'on a d'ici-bas
      sur tout le bas, de haut en bas vers le nulle part, et nos petits muscles gonflés, surgonflés
      d'air pur, d'air éminemment
      pur

     

     

      la petite mort elle s'égrène, surplombe la
      grande mort, celle en arrière plan, scène originelle et primitive, sang qu'il en pleut, froid, brûlant et gel - la grande mort méridienne, cardinale anthropo-
      phage la grande
      mort nous ravit
      le bonbon

     

    mange ton chignon


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  •   j'aime bien ta souris-danse, ton air de dire je n'appartiens qu'à toi non, pas toi,
      mais ton œil crevé. j'aime bien changer, me travestir, changer aussi
      d'avis comme de prairie - on s'arrache pas comme ça, on s'arrache par devant,
      par les dents de devant, la langue
      vernaculaire

     

     

      tu en sais quelque chose
      pour elle c'est tout créteil-soleil mais pour toi, pour toi bride abattue
      pour toi c'est juste un banc - une manière, mauvaise, une malfaçon
      de pas tomber quand on ne s'envole pas, de pas couler quand on
      ne coule pas
      et t'en sais quelque chose...

     

     

      si je t'écris ainsi c'est que: un, tu ne le reçois pas
      si tu ne le reçois pas c'est que: un, tu n'existes pas
      si tu n'existes pas c'est que: un, je me suis trompé de porte, j'ai grand-ouvert
      celle d'à côté, et le néant s'étendant là plus beau que tout, l'herbe moelleuse
      ou piquante sous la plante
      d'un subtil égarement

     

     

      un soir et j'y reviens, j'y reviens sans y croire
      pas parce que je ne crois à rien mais simplement que
      j'oublie de croire, j'oublie tout jusqu'à ne plus être que
      le souvenir si plein de rien, qui claudique qui crachouille qui titube
      de misère en misère, sidéré d'exister, mais sans ça pas létal

     


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