• auriculaire mon amour

      
      l'homme est la maison de l'homme, au toit crevé

     

     

      les yeux fermés les yeux - peut-être y verrons-nous enfin
      cette clarté ni oui ni non, noyau et vaste, en laquelle se dissolvent tant l'identité que l'altérité, une clarté
      que rien n'ébranle quand peu m'ébranle
      - que faire d'autre en hiver
      de cet hiver pouilleux?

     

     

      le drame de toute âme est qu'en son âme le vent se lève et emporte le drap, nudité d'asticot
      revêts mon corps, ô tête de chiotte, souffle avec moi
      contre la houle, et d'une vanité recouds le trou
      béant
      - on n'y verra que dalle...

     

     

      un ciel crasseux, d'un blanc douteux qu'on dirait même un œil pourri, chialeux véreux
      on tâchera de faire mieux la prochaine fois, il n'y
      aura pas de prochaine fois, allez rentre,
      rentre à la maison, rentre là où
      rien ne t'attend

     

     

      quelqu'un est-il en train de me dire qu'il n'y a pas de vaccin contre cela
      soit, mais envisageons un instant le cas où
      cela n'existe pas...

     

     

      j'ai achevé ma mission - elle n'était pas très importante cette mission
      consistant à marquer d'un croix
      les quelques arbrisseaux malingres, les sinistres sous-entendus
      qui jalonnaient la route, oui la route, quelle route d'ailleurs?
      : une route, d'ailleurs
      n'importe quelle
      route

     

     

    auriculaire mon amour
      

    « ma nuit tombe d'amouril dure longtemps dehors, même s'il n'en reste rien »

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