• marcel / ne rentre pas ce soir


      j'aime une femme mais ça
      tout l'monde peut l'faire:
      trafiquer ses alibis, redéployer
      l'extase, dire tu
      où n'est que Je
      - car je fus avant celle, avant même que
      chien ne jacasse...

     

     

      vie ne fut
      que bonheur sans suite
      sel fin, si fin que
      la mer passe au travers
      - et dans le creux
      des os cette musique
      unique, ce souffle maigre
      : ce naufrage amoureux

     

     

      du coup maintenant, quand je marche sur
      du verre brisé, j'enlève mes grolles je retire
      mes chaussettes - c'est la moindre
      des politesses après tout

     

     

      naissance et mort, les deux bouts que tente de joindre le coït
      l'orgasme universel sur la croix de l'agonie
      entre les deux le corps flottant, les jours de bruine
      : l'économie du souffle...

     

     

      nous sommes un peuple
      de culs de jatte, tétraplégiques et autres déconnectés
      cierges éteints, vierges clandestins, nous sommes un peuple
      dépeuplé

     

     

      on pleure les yeux les uns des autres, on n'a pas peur
      mais moi j'ai peur quand même, peur de
      casser l'assiette, de
      l'andropause mélancolique, ou encore des gens
      qui ne savent plus se ressembler, ni comment faire durer

     

     

      s'arrêter tous les cent pas, faire un pas tous les dix jours
      le chewing gum de vivre - et nos mères
      à l'arrêt du car quand le car
      ne passe plus...

     

    « lui qui fume clou sur cloul'idée qu'un homme »

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