• natures mortes, plutôt mortes

      poussiéreuse, poussiéreuse et hors nom. horticultrice d'un ossuaire. j'ai la marée douce, très douce, doucement la recouvrant d'un suaire, d'un linceul trop étroit de sorte qu'on en voit dépasser la blancheur j'aurais dit sépulcrale, si jamais j'avais osé faire allusion à ses pieds, aux lentes courbes de ses flancs, son visage de porcelaine rayée...

     

     

      c'est magique mais tu parles d'une nuit, or cette nuit ne verra pas le jour. cette nuit s'est enfouie sous le sable de ton crâne, engoncée dans le leurre de ta conscience-limace. elle n'aura, pas plus qu'elle n'eut jamais, lieu. selon le faux-témoin de son absence propre.

     

     

      il ne s'agit pas de moi mais d'un moi, n'importe quel moi, qu'importe quel moi, et pourquoi de tout moi. lequel, posté à la lisière d'un bois ou au rebord d'un orifice, anal, bancal mais anal, de toute évidence anal.

     

     

      je ne sais pas si c'est ainsi que je me tais, tu te tais ou seulement le signe d'une déshérence. fulminer mille pardons dans ce coin d'une adresse inédite; régler son pouls sur celui de l'horloge creuse; culminer dans le froid rigoureux d'un hiver à cœur sec, sec à en crever comme qui dirait, n'importe quoi d'une engelure.

     

     

    ce n'est peut-être pas la mort ni l'endroit qu'on y cherche. mon cheminement malgré tout s'y dandine en alternance avec la bruine et j'y chemine ainsi, obnubilé par la rencontre tant improbable que certaine entre le réel et l'impossible en la personne d'un mort d'entre les morts, d'entre les vivants notamment. 

     

     

    natures mortes, plutôt mortes

    « nomade d'un seul piedlors du partage l'un eut la bruine, l'autre le cou mouillé »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment



    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :