• où la laideur submerge l'amour

      tout m'arrive. je me déresponsabilise de mon destin, de mes gênes, mon rhésus. je me désolidarise de l'être - mon moi me perquisitionne à sept heurs du matin
      je n'embrasse pas maman; cela ne se fait pas. je reste froid, au froid. l'idée ne m'effleure pas

     

     

      tu ne m'apprendras rien. peut-être me rapporteras-tu quelque histoire, de celles qu'on raconte aux enfants juste pour les effrayer, leur inculquer la peur, leur inoculer la mort - s'en décharger sur eux
      on ne se relève pas de tout. mais on rampe bon train

     

     

      je ne veux pas vivre
      je ne veux pas mourir
      dieu prend toute la place, dieu m'étouffe
      je n'échappe pas à mon propre néant
      sauf un oiseau déclenché par un pétard, fussent-ils tous deux mouillés

     

     

      pierre pomme couteau. quand tu me châtres ne tremble pas, ni ne te trompe
      de fuseau. chauve-souris replie ses ailes, ou plutôt ses membranes de peau, se perd dans l'hypnose, s'enfonce
      en thébaïde. on aime une femme, une femme c'est fait pour ça - comme si
      ça n'existait pas

     

     

      une chose s'approche de moi et c'est le plus grand bonheur de ma vie, de ma vie en quelque sorte

     

     

      il y a les âmes des vivants et les âmes des morts. toutes les âmes sont vivantes - même les âmes des morts sont vivantes. qu'en fait-on donc, si ce n'est trembler d'effroi?
      des souvenirs défilent, cyclistes le long du canal. je n'ai pas la voix
      de répondre à tout ça pas la voix
      de répondre à mon nom

     

     

    où la laideur submerge l'amour

    « seul contre dieutout ce qu'il y a de propre en moi »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment



    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :