• ta peau renarde

      ça faisait
      longtemps j'avais pas bu comme ça, un trou
      à la lumière d'un trou
      et quelle vie je mène

     

     

      et tout le mal qu'on s'est donné
      pour rien - pour en arriver là, nulle part
      alors qu'on aurait pu, claquant des yeux clignant des doigts
      en arriver là, nulle part, sans en remuer
      le petit doigt - voilà qu'est fait

     

     

      je franchis
      le mékong, le rubicon ou l'iton et c'est d'un pas, d'un pas tranquille
      on aurait pu dire d'un pas docile, je franchis donc
      le mékong, sans même me
      mouiller la tong

     

     

      claquer comme ça, dans la neige, le bas filé de laine
      ou de neige, claquer comme ça, fumigène, gaz à la
      boutonnière, claquer comme ça, fille sans gêne, à pisser dans
      la neige

     

     

      ça faisait longtemps
      longtemps j'avais pas bu comme ça
      comme si ça sonnait creux, comme si ça vous arrachait
      la peau du gland, vous retournait l'cervelle comme on le fait
      aux poulpes, tandis qu'aimantes elles avaient simplement
      cru croire en nous -
      c'est dommage

     

     

      la girouette au fond du panier et le grand vent, est-ce que
      je ressemble au grand vent? bien sûr que nan: je vais comme on me dit
      où on me dit, je vais à l'abandon, à vau l'eau comme on dit
      aujourd'hui c'est jeudi - ma mère disait
      que j'étais né un jeudi

     

     

      je ne me souviens pas
      mais si
      un jour je m'en souviens
      j'en mourrai ça c'est sûr
      en attendant il pleut - il pleut
      par intermittence
      et dans les interstices

     

    ta peau renarde

     

     

      

    « les bas-côtés d' l'amourtelle que je l'imagine »

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