• tout ce qu'il y a de propre en moi

      nous ne nous retrouverons pas
      là
      d'où nous sommes partis, ou tombés comme à pic, portant la marque des
      exilés de
      l'intérieur

     

     

      les chats sont souvent gris, mais pas tous
      quand un monde s'effondre un autre se relève, auquel nous n'appartenons déjà pas
      il faudrait se défaire de la chute qui nous colle à la peau, de la sainte manie des genoux écorchés
      d'embrasser sur la bouche toujours du même côté, du côté où
      ça ne glisse pas

     

     

      tu t'absentes de temps en temps, on dirait que
      tu n'es plus là.
      si je sors c'est pour rentrer immédiatement, rentrer c'est bon
      les sexes tombent, masques aux traits incongrus, on est presque des gens
      presque des gens

     

     

      le chien m'appelle adieu - il aurait pu m'entamer par n'importe quel bout
      je ne suis pas poète, je ne suis pas grand chose - je ne suis même plus rien
      l'espace se rétracte
      à la fin je crois qu'on n'a plus vraiment besoin de dieu. j'aime à penser que c'est alors seulement qu'il intervient, évidente dissolution...

     

     

      on va finir par comprendre que je m'endors de rien. si lourde la condition d'un homme, d'un organisme abusivement conscient
      on pourrait se contenter de jouir évidemment, se frotter à l'image à s'en faire nouvelle peau
      je n'y arrive pas. je n'arrive pas à ne pas regarder l'aiguille qu'on m'enfonce dans les yeux

     

     

      un jour je me lèverai
      et je saurai alors que je dispose réellement d'ailes
      je regarderai en flottant dans les airs les chasseurs de haut
      il parait qu'on n'entend pas le coup partir, la balle étant plus rapide
      que le son
      - peut-être mais pas que le silence...

     

    « où la laideur submerge l'amourappareilleuses appareillantes: le noir dedans »

  • Commentaires

    1
    Dimanche 11 Novembre à 15:13

    "on pourrait se contenter de jouir évidemment, se frotter à l'image à s'en faire une nouvelle peau"

    J'aime beaucoup cette phrase et certains de tes "retours à la lignes", du moins l'impression qu'ils donnent. J'illustre ma pensée : "on dirait que tu n'es plus là". Lu comme ça, on à l'impression que le "tu" n'est plus là, mais si on lit le retour à la ligne "tu n'es plus là". Ce n'est plus une supposition mais une affirmation. Du coup, ça peut laisser place à divers interprétations (voire surinterprétation si on va trop loin).

    Par exemple, est-ce que la personne se voile la face par un "on dirait que", et le fait de détaché le "tu n'est plus là" du reste de la phrase montre qu'effectivement, ce n'est pas un "on dirait que" mais "c'est bien le cas" ? etc...

      • Mardi 13 Novembre à 13:57

        la moindre attention portée, le moindre arrêt sur image et c'est un puits qu'on creuse en soi - on se fait source, on éblouit l'œil du miroir
        y a des fois où on se dit juste que de n'importe quoi on pourrait faire de l'âme
        ça m'arrive parfois
        bon, mais pas tout l'temps...



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